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mardi 29 décembre 2020

EODEM SANGUINE* Le même sang

 

EODEM SANGUINE*

Le même sang

 

Nous avons tout à perdre, avons tout perdu ;

De la force d’aimer, à l’envie d’être aimé…

La mésentente raciale nous a mal armé,

Accentuant des tares, en des chemins ardus,

L’excuse dont la couleur de peau, ce pennon

Hissé aux vents nouveaux, attise l’inconfort

Du citoyen outré de voir, sous contrefort

Des libertés, celles que Frantz Fanon

Délie de l’injure, de l’ignoble harangue

D'Aryens, dont les germains d’hier,

Soignaient le mythe toujours fiers

Du führer, ce détraqué exsangue.

 


Avons ignoré les Divins Préceptes, les Lois

Du Créateur Béni… la mort nous a poussés

Au centre du déni ; elle vient détrousser

L’éphémère, flattant sans réserve, l’aloi,

 

Nous octroyant, au faîte du mausolée,

Une froide épitaphe, sur dalle d’un fief

Privé du sang qui a tant alimenté griefs,

De la peau sustentée des vers accolés

 

Aux lambeaux de cette superbe glissant

Sur les boulevards, ou enchaînée

Au pal de l’esclavage, quelquefois aliénée

Au vieux noceur, ce bringueur impuissant.

 

Noir et blanc… noirs, ou blancs… qu’importe !

Serons tous pareils, au Jugement dernier,

Vous et moi… ni fastes, ni tributs, ni deniers,

Pour un jour, racheter son âme de cloporte…

 

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020