EODEM SANGUINE*
Le même sang
Nous avons
tout à perdre, avons tout perdu ;
De la
force d’aimer, à l’envie d’être aimé…
La mésentente
raciale nous a mal armé,
Accentuant
des tares, en des chemins ardus,
L’excuse dont la couleur de peau, ce pennon
Hissé aux
vents nouveaux, attise l’inconfort
Du citoyen
outré de voir, sous contrefort
Des
libertés, celles que Frantz Fanon
Délie de
l’injure, de l’ignoble harangue
D'Aryens, dont les germains d’hier,
Soignaient
le mythe… toujours fiers
Du führer,
ce détraqué exsangue.
Avons
ignoré les Divins Préceptes, les Lois
Du Créateur
Béni… la mort nous a poussés
Au centre
du déni ; elle vient détrousser
L’éphémère,
flattant sans réserve, l’aloi,
Nous octroyant,
au faîte du mausolée,
Une froide
épitaphe, sur dalle d’un fief
Privé du
sang qui a tant alimenté griefs,
De la
peau sustentée des vers accolés
Aux lambeaux
de cette superbe glissant
Sur les boulevards, ou enchaînée
Au pal
de l’esclavage, quelquefois aliénée
Au vieux noceur, ce bringueur impuissant.
Noir et
blanc… noirs, ou blancs… qu’importe !
Serons
tous pareils, au Jugement dernier,
Vous et
moi… ni fastes, ni tributs, ni deniers,
Pour un jour, racheter son âme de cloporte…
Armand Mando
ESPARTERO© copyright 2020

