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dimanche 20 décembre 2020

FINEM MORTUORUM CAPTIONEM* Trappe sans issue

 

FINEM MORTUORUM CAPTIONEM*

Trappe sans issue

 

Je marche dans la foule abrutie de huées ;

De disgracieux profils m’enserrent, me lient

Aux grimaces de rue, défiant des ordalies,

Les concises règles, ces humiliants fouets.

Je déambule au centre de la plèbe blessée

De la froideur des kaisers sans âme…

Je foule sans amertume le poudreux macadam,

Ses bordures meurtries, ses pavés encrassés.

 

Que ne serais-je moi, en ces froids errements !

Je me perds à comprendre, et sans y parvenir,

Du pecus, l’intention première, le col de l’avenir

Auquel s’accroche encor, lesté de faux serments,

De palabres soufflées de concussionnaires,

Le naïf enkysté de promesses, le gobeur

Pétri de suffisance… S'y cabre le regimbeur ;

Il salue la prouesse, en simple débonnaire.


De mes rires sans sève, mes joies dévaluées,

S’égrènent des sanglots, de colériques pointes ;

J’aimerais voir danser, aux aurores ointes

De munificence, loin des cycles pollués,

Les spires enchâssées au faîte de la bohème,

Le circonvolutif du dispendieux affect :

Pulsatile vigueur dont le sage s’humecte.

 


Je glisse entre les ombres clivées au bitume,

Que foulent les forces revendicatrices,

L’adepte du désordre, la mue adaptatrice

Pochée de l’exuvie lui servant de costume.

 

Mon regard fait faillite en ces fauves nuances,

Pour se poser ailleurs… quelle affaire, ce drame

Joué en la coulisse, où les revêches flammes

Carbonisent du temps desserti de muance,

La masse en déshérence, et qu’enclouent

Les chagrins de la désespérance, ce spleen

Prisonnier d’entrelacs, et qui au soir, décline,

Pour trépasser au vide que le mal renfloue !

 


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020