FINEM MORTUORUM CAPTIONEM*
Trappe sans issue
Je
marche dans la foule abrutie de huées ;
De
disgracieux profils m’enserrent, me lient
Aux
grimaces de rue, défiant des ordalies,
Les
concises règles, ces humiliants fouets.
Je
déambule au centre de la plèbe blessée
De la
froideur des kaisers sans âme…
Je foule sans amertume le poudreux macadam,
Ses
bordures meurtries, ses pavés encrassés.
Que ne
serais-je moi, en ces froids errements !
Je me
perds à comprendre, et sans y parvenir,
Du
pecus, l’intention première, le col de l’avenir
Auquel
s’accroche encor, lesté de faux serments,
De
palabres soufflées de concussionnaires,
Le naïf
enkysté de promesses, le gobeur
Pétri
de suffisance… S'y cabre le regimbeur ;
Il
salue la prouesse, en simple débonnaire.
De mes
rires sans sève, mes joies dévaluées,
S’égrènent
des sanglots, de colériques pointes ;
J’aimerais
voir danser, aux aurores ointes
De munificence,
loin des cycles pollués,
Les spires
enchâssées au faîte de la bohème,
Le
circonvolutif du dispendieux affect :
Pulsatile
vigueur dont le sage s’humecte.
Je glisse
entre les ombres clivées au bitume,
Que foulent
les forces revendicatrices,
L’adepte
du désordre, la mue adaptatrice
Pochée de
l’exuvie lui servant de costume.
Mon regard
fait faillite en ces fauves nuances,
Pour se
poser ailleurs… quelle affaire, ce drame
Joué en
la coulisse, où les revêches flammes
Carbonisent
du temps desserti de muance,
La masse
en déshérence, et qu’enclouent
Les chagrins
de la désespérance, ce spleen
Prisonnier
d’entrelacs, et qui au soir, décline,
Pour trépasser
au vide que le mal renfloue !
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

