Au fil de…
Au fil de l’eau, s’allongent les roulis ;
Au fil de ma mémoire, s’interfèrent
Chaque son, qu’éveille le courlis :
Musique que l’oubli ne peut taire.
Au fil des jours pluvieux, s’évapore le rêve,
Se dissipent les songes désaccordés ;
Demeure, parfois, en d’inutiles trêves,
L’opaque frustration s’en venant déborder.
Au fils d’amours confuses, s’amplifient,
Le désordre, l’angoisse du lendemain ;
Surnagent les passions faisant fi
Du fatum accolé au pénible chemin
Dressé, au fil des souvenirs, au parcours
De ces êtres sevrés de liberté, ces îlotes
Sanglés de guenilles, méprisés de la cour,
Mais riches en l’affect mué en asymptote.
Au fil de l’écriture, s’entrelacent des mots
Pénétrés d’arrogance, de sophisme glacé ;
Ils ont su traverser, en ébauche d’émaux,
La froide lumière qu’encloue la resucée.
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021
