Mystérieuses
contrées
Laissez tomber les bruines sur Ahmedabad,
S’engouffrer les vents au nord de Kolkata !
Quand vous aurez trouvé le trésor de Sinbad,
Franchi de Rub al-Khali, chaque jour, en l’état,
Les dunes, verrez Vadodara aiguiser du soleil,
Les splendides flèches ; elles percent au
soir,
De Pimpri-Chinchwad, effloré du sommeil,
Le district de Pune, ses bermes illusoires…
Approchez de Kalyan-Dombivli, cité ferroviaire ;
S’y entassent les brumes décotées des moussons !
Aurangabad se pose, et sans en avoir l’air,
Au trône chaulé d’un fief, d’une ville-écusson
Où les femmes se vêtent encor de probité,
Les hommes de passions : innommables vertus
Dont s’enquiert le soufiste conspué de l’athée,
Ce poussah de bombance, ce pénible hotu…
Est-ce au sud de Gwalior que dansent les princes,
Que s’allument les orbes de l’Inde méconnue ?
Sera-ce en ces matins où les fenêtres grincent,
Que l’amour, peu à peu, voilera les corps nus ?
Si vous me reteniez au filin de Mysore, au col
De Warangal, quand paissent les Hystrix,
Saurez en vos songes, loin du vieil Arcole,
Pourquoi, à d’autres ponts, quelquefois, je me
fixe.
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021
