Naître ou ne pas naître
Je vais par les chemins où se perdent encor,
L'homme, cet animal: fougueux destrier,
L'enfant, ce débonnaire: fœtus expatrié
De la matrice où s'allume le corps.
Longeant du devenir, aux aurores,
Le tortueux boyau de fiefs sans jardins,
Ma vie s'alune sans peine, ni dédain,
Refoulé du passé, ses fièvres sonores
Parfois diluées des peines de gosse,
Les déshérences aux larmes du deuil
De lacrymales... peu à peu s'y effeuillent,
Les années éventrées du négoce.
Je dévie de l'allée où tempêtent les vents,
S'irrite la tornade de désirs ambigus…
Mon envol pose ici, des soupirs exigus,
Aux travées de souhaits captivants.
Naître sous la ramure de jours lumineux,
Boire de la rosée, de diaphanes perles…
Ouïr l'oisillon abecqué du beau merle
Au plumage frôlé du germe glutineux.
Partir sans besace, s'accoter au rocher,
Puis de la corne, priser abondance...victorieux
De nuits où gît le cœur incurieux
Arc-bouté aux heures amochées.
Fin prêt pour le départ… Le Ciel me tutoie ;
Que n'aurais-je donné pour vivre sous son toit !
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021
