pinterest

jeudi 27 mai 2021

IGNOMINIAM* Disgrâce

IGNOMINIAM*

Disgrâce

 

En prince disgracié, tu fuis les alcôves

Où jadis ton aura sublimait les poètes ;

En des colichemardes talées de défaites,

Tu séduis la plèbe, drapé d’un raglan mauve…


Ta gouaille de cardinal rassure parfois,

L’écorchée vive ; ta faconde éveille,

De l'alexandrin, le fin dard de l’abeille

S’en venant butiner le nectar, en ce froid


Aux promesses onciaires, ces miettes

Eparses aux vents d’avril : fragments gagés

Dont tu as secret; ce dispendieux va piéger

Le cénacle ivre de subsides : inutile conquête

D’aréopage dupé de tes manœuvres… isolée,

Ta gouaille cerne de l’interdit, l’offense

Faite aux dames, aux portes du carmel…


Richelieu, trompeur d'oligarchie papale,

Pirouette en derviche, Sardanapale 

Muché de la didascalie : doux murmel

D’un textus de palimpseste de copiste

Asservit à ta munificence de hâbleur  

 

Au rets de la gent fortunée : banquistes

Voués au prédicat : sénestre de scripteur

Mis à mal d'emprunteurs, cosignataires,

Tristes négociants que la faillite enterre,


Mine de regrets  gaussés du contempteur

Abrité sous ta toge de vil rigaudon

D’un roi en camisole : monarque châtré

De galantes déçues qu’il voudrait encloîtrer,


Et c’est peu de le dire ! poussées au bastidon

D’un pouvoir de réserve... au barycentre

D’un royaume pentu, dont tu scelles trop tôt,

Trop tard, peut-être (?) en vulgaire hottentot,


L’entrée empruntée de silènes pris au cantre

D’un ourdissoir placé entre les mains

D’une reine fardée en catin, une poupée

Au divan des débauches... découpée,


Puis, posée au sulfureux carmin

De la lèvre à baiser… agréable tenaille

Goûtant de l’hédonisme, le cépage

Chu de la balèvre qui lentement, l’encage,

Afin d’en assouvir les noueuses entrailles.

 

Cardinal pugnace, ton âme, ce pochoir

Fait de l’itératif, aux foudres d’algarades,

Confortable duvet… le péché te dégrade,

Pour te mieux laisser choir….

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021