J’aime
J’aime de la romance, aux nuits d’encre,
Caresser la musarde, voir courir au matin,
Quand l’ordalie tance le théatin,
Les automnales brumes, ce flou ; et que s’ancre
La yole chahutée des vents, le steamer
Délogé des souveraines vagues, le cargo
Retenu au cordage, puni, sous embargo,
Et que danse la lame sous les cristaux de mer.
J’aime de la prosopopée, aux fables de Mikhalkov
Ouïr au point du jour, l’actif grésillement…
Se peut-il, en ce rythme, et sans clabaudement,
Que les rêves comblassent les secrets d’alcôve !?
J’écale des permanences, en de douteux accords,
Sans en vitrioler l’idoine, l’adéquat engrenage ;
J’aime à ces farces pleines, sans ménage,
Armer le bras vainqueur de l’ambigu record
Saboulé de la noble gent, d’esthètes clivés
Au confort de la juste mesure : ces dandys,
Fades damoiseaux larvés, peu hardis…
Et ce n’est que litote (…) peu à peu, dérivés
De la grasse pochade, où se gaussent encor,
Les pontifiants marquis de scélérates cours :
Replets amants de douairières, au discours
Emphatique, pour le moins, prises au décor
De carricatures éventrées, écernées… vides,
Dopées de conjectures… j’aime à les rabrouer,
Pincer de leur molle faconde, ce style ajouré,
La pédance floutée, entenaillée de rides.
J’aime pisser sur les bords de la Seine, faire
Gicler l’effronterie mienne, en sifflant, heureux
Du mécanisme des désolations… peureux,
En ces désordres(?) … que nenni ! l’affaire,
Bien souvent en vaut la chandelle… petit…
Trop, peut-être_ me faufile entre le gigantal
Et l’abstrait, irradié d’épistoles décrétales,
Que j’éructe _ bien sûr ! pour lier l’abruti.
J’aime un corps posé sur la barlongue,
Baigné de vespérales suées de transition ;
Celle qui s'en offense, en attise pression,
Pour de l’anhydre, en la berme oblongue,
Ajuster les bordures… à l’épaisse fourrure
De sa toison crêpée, ce duvet appréciable,
Mes mains domptent des plaintes inavouables,
La chaleur de l’hymen gonflé sous la voilure
De ce pubis en feu, et qu’apaise ma soif écurée
De l’étrange manœuvre : inviolable percée
Dont mes doigts alimentent la paroi gercée,
Dont ma bouche espère, et sans la triturer,
L’exacte profondeur, la rude dévissée, ce col
Mis à mal par ma rage butée… l’enfonçure
D’empreintes coïtales, déflorant la tonsure ;
Sa rose effilure éveille lorsque je m’y accole,
L’ithyphallique pieu dressé avec ardeur
Au centre de la plaie dont les cuisses attisent
Les sulfureuses braises, en l’insert, qu’enlisent
Les flottants geignements combinés de douleur.
J’aime de la chair griffée de résurgence,
Attoucher du cylindre, la permissivité…
Si ma peau en confesse, en l’agressivité,
La permutation, je veux, sans manigances,
De lèvres rassurées, dire sans rhétorique : _
Me manque, en ces désordres, d’assujettir
A la mienne constance, quitte à en pâtir,
De l’indocile polymorphie, la sagesse cyclique !
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021