Epidictique
mutation
Quand s’écroulent les murs de solitude,
S’affaissent les pans de la thébaïde,
Le silence n’est, en l’aurore livide,
Que taciturnité… au sein de l’assuétude.
De partout, fusent les gorges-pleines ;
Les filles_ femmes devenues, traduisent
De l'irréel, si les chagrins l’épuisent,
L’onirique exégèse, la massore ancienne.
Les enfants, aux flaques, s’esbaudissent ;
N'est en ces liesses, crainte aucune; l’histoire
Se revêt de chatoyants atours ; l’illusoire
Fait montre de retenue... pâlissent,
Les nuits d’encre, vidées de longs râles,
De plaintes encloîtrées d’aigreur ;
Le monde est à ce point ivre de terreur,
Qu’il faille pour l’ouïr, le souffle biaural.
J’ai donné, sans savoir_ reçu sans douter
Du piège enjuguant la mienne réserve…
De ma peau intronisée des serves,
A la chair conspuée d’amantes filoutées
De cacochymes, ai vu se racornir
Mon être pénétré d'affres, d’épreuves ;
La solitude enflait du lit froid de mon fleuve,
L’impétueux roulis, pour l’en mieux assainir.
Des clairs matins, aux sombres vespérales,
Inutile goupille entre les doigts crispés
De la gent offensée, j’ouvrais, en sigisbée,
Mon cœur froid aux rosières claustrales
S’en venant minauder au profil du flou
Pris au rets de ces brèves comptines
Dont le galant concède, au for de butine,
Quelque aveu déguisé; l’audace le renfloue.
Sous le pont de possibles victoires,
Ma vie désencagée de présomptions,
Sut_ grand bien m’y fasse ! _ sans émotions,
Délier l’entregent des flux ostentatoires ;
En ces ires conspuées du bellâtre,
Mes pensées ceignirent de hardiesse,
L’artefact posé au col de la détresse,
Dont s'écaille le songe en l’emplâtre.
Je me couche serein, vainqueur exempté
De fautives lubies, de muances larvées ;
Seul acteur ânonnant de lèvres incurvées,
Le soliloque d’âmes, peu à peu, exultées.
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021
