Et si mon
cœur
Mon cœur a marchandé en des orbes lointains,
De nouvelles prémices, aux lueurs accorées ;
Je l’ai écouté battre sous l’ombre perforée
De mon âme ensuiffée de brumes du matin
Auréolant parfois les vents de remembrance,
Ces souffles dilatés de l’aurore couvée
De possibles vertus que semblent retrouver
Les somnolentes grâces de souvenirs intenses.
Mon cœur s’est assagi, avant de faire siennes,
Les farouches images de l’enfance-bohème ;
Peut-il enchatonner de tous nos songes blêmes,
Quand s’allume l’ivresse dessous les persiennes,
Les vertueuses teintes… ce, quoiqu’il advienne ?
Se peut-il qu’en cette aube, les premiers ‘’
je t’aime’’
Soient de l’enclose, des mots ceints d’anathème !
Mon cœur s’est délié des murmures trompeurs :
Ces rires enfiévrés d’injustes assonances
D’élégiaques romances : subtiles confidences
D’amantes prises au rets de la hideuse peur.
Il avait pour bagages, avant les soirs d’automne,
Doucereuses lunes emmiellées d’aveux clairs,
Harmonieuses ébauches aux lignes de l’éclair,
Stridulant de l’absence les râles monotones.
Quand je l’ai déposé sur l’étrange barlongue
Dont les larmes délavent la précieuse voûte,
D’un œil vif et complice, rasséréné_ sans doute,
M’a promis de guider ma dégaine oblongue.
Armand Mando
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