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dimanche 30 mai 2021

EX TE* Loin de toi

EX TE*

Loin de toi

 

Loin de toi, les roses perdent pétales ;

Leurs épines s'enfoncent avec ardeur

Au revers étroit de ma chair animale

Trônant avec panache... sans stupeur.

 

Sur cette terre meuble poussent arpèges,

Musiques, aux magnétiques notes

Aimantant des portées, le solfège

De rythmes impromptus, dizygotes.

 

Loin de toi, mes rimes prennent l'eau,

Telle la barque au lointain, dérivant

Sur l'onde où de fluets radeaux

Longent au soir les îles sous le vent.

 

Loin de toi, l'amour avance au ralenti

Avant d’éclater en spumescentes glaires

Au pied d’amants prétendus repentis

Juste échappés de frasques adultères.


Loin de toi, Baudelaire pleure encor sa Créole:

Piquante mulâtresse à l'accent tropical,

Au rire coloré, aux intonations folles _

Avoue sans elle, être un scalde bancal.

 

Loin de toi, s'effeuillent mes matins ;

Ils aspirent des nuits, la fielleuse lie

Entretissée de moire soufflé du froid satin

Comme éveillé de la treille ennoblie.

 

Loin de toi, de ton cœur, j'agonise

Au froid d'un passé sans ivresses ;

A trop t'attendre, mes aubes se flétrissent,

Alimentant dès lors, l'imparable vieillesse.

 

Loin de toi, les manèges gèlent en l'hiver ;

Leur carrousel étrille sa superbe, agite

Tristement son chapiteau couvert

Décroît l'été, sous l'arche de guérite

 

De soldats dont l'agrément des nuits

Aux riches passions communes,

Découvrant du malheur, miasme de suie,

Indigestes regrets, répulsive amertume.


Aurais-je glissé de ce parterre d'ambre,

De diaphanes congères, du long tapis

Gélifiant sans autres tes généreux membres,

A l'ombre du bosquet, où je me suis tapi ?

 

J'épie des filles, le portrait discourtois ;

Suis-je le même ?  Ai-je perdu mon double

A l'orée d'un sous-bois, ou sous le toit

De ces muses dont la folie me trouble .


Armand Mando ESPARTERO© Copyright 2021