La Loire est un bassin, c’est le plus grand,
Plus imposant de France… c’est un chemin
Où nagent les ajoncs, l’arbustive, au torrent
Du mont Gerbier-des joncs ; le gallo-Romain
Ignore, de l’Ardèche, au centre de Briare,
La beauté des chemins fleuris en Atlantique,
La douceur des matins dénudés du phare,
L’ostéone pâleur des sentes abiotiques.
Torrentueuse, ondule aux vents d’avril,
Courbée sous le saule des berges étrécies ;
On la voit au détour d’Ancenis, peu fébrile
Aux grands froids empruntant raccourcis.
Du lac-barrage de Grangent, au nord de Vorey,
S’allument les flammèches de liesses volontaires ;
S’entortillent parfois, les humeurs moirées
De son drapé fluvial, ses pans bardés des terres.
De Ponts-de-Cé, au nord de Saint-Herblain,
La Loire se joue des vents nouveaux, s’amuse
Entre les berges nues qui, de l’Abbevillien,
Exploitent la richesse de biface… sans muse.
Parfois, Roanne se gorge de l’abondant flux
Coulant entre les reins de sa superbe mue ;
Que n’aurais-je donné, pour de son superflu,
Aspirer abondance, bouleversé… ému !
La Loire, ce long estuaire au solide chenal,
Ravive des flots clairs, la baille diluée
Dont s’offensent la plaine, la tortille banale,
Griffées du vert hallier, par le noroît… huées.
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021
