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vendredi 21 mai 2021

MIHI LOCUS* Ma chambre

MIHI LOCUS*
Ma chambre

Ma chambre est un bateau sur un océan mort
Où la lame ondoie, avant de disparaître
Entre narcoses et insomnies traîtres ;
C’est un rivage éteint, percé d’une claymore.

Ma chambre est un tunnel à l’orée de l’ennui ;
De pompeux cauchemars s’y viennent poser,
Quand les soleils noirs s’y voudraient reposer,
Taisant les elfes, s'ils taclent les nuits,

Pour de l’agrypnie, échauffer la moiteur,
Vider des turbulences, le hourvari
Pénétré d'infâmes Orémus, d’avaries,
De sinistres de cargo d’apponteurs.

Ma chambre est un trottoir aux dalles
Domptées de gaupes, de catins fardées ;
Au point du jour, on les voit cacarder
En l’estaminet où le nu fait scandale.

Dans ma chambre, œuvrent en chaîne,
Gnomes du sommeil, homoncules bridés,
Crevant en riant, nos paupières ridées,
Insufflant l’air froid de l’infertile plaine

Sur laquelle le lit de mes jachères,
Longe des sillons, les molles crevasses,
Arpente des brèches, le germe coriace,
Aussi dur que l’estoc oublié en ma chair.

C'est un désert délaissé des femmes:
Domaine impeuplé ; la solitude, souvent,
Taquine au soir, les spleens éprouvants ;
S’y diluent les brandons éveillés des flammes.


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021