Non, ce n'est
pas moi…
Ce n'est pas moi, au bord du lac,
Ni l’enfant courant dans la rigole ;
Ne suis de ceux jouant à pigeon-vole,
Quand perlent encor les clapotis de flaques…
Ne suis plus, en ces moites saucées,
Garnement hardi mitraillé de l'ondée,
L'improbable déluge le voulant inonder !
Serais plutôt de ceux qui aiment s'offenser
De rires gorge-pleine, du chahut des récrés ;
L’enfance s'y abîme, en de rustres clichés…
Les larmes la vieillissent, et sans en afficher,
De la peur, ou du spleen, les possibles secrets.
Je fuis les froides stalles de cathédrales,
Le naos glissant de vos chapelles mortes ;
S'y fourvoient ceux que Satan emporte,
Pour en sertir, la nuit, les poches palpébrales
D'un glaçant rimmel de vil rigaudon
Dont les saynètes apaisent le monarque
Du royaume peuplé d’îlotes de la Parque :
Clotho, Lachésis, Atropos : elles firent don
A l’orageuse plume de Paul Valéry…
Sa vierge de sang plut à André Gide,
Aux vers soupirés, en ces lieux arides,
Pour mieux s'approcher du poète marri.
Ne suis, en ces lunes lointaines, héraut
Qui tonitrue de sa voix caverneuse : _
En herméneute_ l'inflexion haineuse,
Viens mander obligeance, céans, au héros
Aux brèves acerbes, lors que la gloriole
N'absout du verbe cacardé avec rage,
Phonation de prosodie_ pour, en sage,
Vêtir d’un haubert, l'excuse la plus folle.
Suis-je en ces ergs de cendres, de sueur,
Si la plèbe s'enroue_ vil déclamateur
Au minable corset d’espiègles menteurs,
Dont le quintessencié mouche des lueurs,
L’oscillante mèche, chichement arrimée
A l'oblong cierge du candélabre usé
Posé au boisseau d’un quelconque musée,
En piteux kaiser… à la toge élimée ;
Il le voit s’éroder en l'aube déconfite…
Dire de ce sénescent pitre : _ il fut !!!
Eut été_ je le crois ! _ en un patois confus,
Agréable litote… n'est-ce pas ce que vous fîtes ?
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

