Passé rompu
Sur le sable boudé de l'astre vagabond,
Femmes et filles se laissent recouvrir
D’un hâle embrunissant du généreux rebond,
La chair que l’âge ne cesse d’appauvrir.
Louves musquées sous l’iode clair,
Nervaliennes moues, simiesques profils
De serves pistées, marinées en la glaire
De sénescence, aux heures qui défilent.
Pendue à la charmille d’un vieux mas,
S’évapore, au jour, la jeunesse mutine
Dont jouissaient, aux premiers frimas,
Les tendrons... envolées, dès mâtines.
Miasmes boulochés en l’azur éthéré,
Mouroir, où s’y heurtent au soir,
De poudreux lambeaux, abattus, atterrés,
Évincés d'un bonheur emperlé d’accessoires.
N'ose reconnaitre, des péronnelles,
Caprices et clins d’œil complices ;
La vie nous prive de riches aquarelles
Flattées du teint exsangue aux cicatrices.
Engoncés malgré soi, sous l’angoisse,
Pleurons larmes de suie, pour renaître
Du visible… ici l’infortune qui poisse,
Se mue en fantôme, derrière la fenêtre.
Nos quinze ans s’écaillent lentement,
Fardant des clichés, l’évidente mouture
Traversée du miroir de nos balbutiements,
Bénie des solstices de villégiature.
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021
