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lundi 10 mai 2021

FRACTIS* Passé rompu

FRACTIS*

Passé rompu

 

 

Sur le sable boudé de l'astre vagabond,

Femmes et filles se laissent recouvrir

D’un hâle embrunissant du généreux rebond,

La chair que l’âge ne cesse d’appauvrir.

 

Louves musquées sous l’iode clair,

Nervaliennes moues, simiesques profils

De serves pistées, marinées en la glaire

De sénescence, aux heures qui défilent.

 

Pendue à la charmille d’un vieux mas,

S’évapore, au jour, la jeunesse mutine

Dont jouissaient, aux premiers frimas,

Les tendrons... envolées, dès mâtines.

 

Miasmes boulochés en l’azur éthéré,

Mouroir, où s’y heurtent au soir,

De poudreux lambeaux, abattus, atterrés,

Évincés d'un bonheur emperlé d’accessoires.

 

N'ose reconnaitre, des péronnelles,

Caprices et clins d’œil complices ;

La vie nous prive de riches aquarelles

Flattées du teint exsangue aux cicatrices.

 

Engoncés malgré soi, sous l’angoisse,

Pleurons larmes de suie, pour renaître

Du visible… ici l’infortune qui poisse,

Se mue en fantôme, derrière la fenêtre.

 

Nos quinze ans s’écaillent lentement,

Fardant des clichés, l’évidente mouture

Traversée du miroir de nos balbutiements,

Bénie des solstices de villégiature.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021