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jeudi 5 novembre 2020

SILVIS*

 

SILVIS*

Dans les bois

 

Promenons-nous dans les bois ;

Qu’importe les intentions du loup !

Par ailleurs, quand il est aux abois,

Il épie sans vergogne d’un regard jaloux,

Les amants alanguis au bosquet d’Encelade,

Les noceurs décatis en l’aube, ces libertins

Dont parle Choderlos de Laclos... l’escapade

Des nuits, égaie encor, au jour adamantin,

La veuve et l’orpheline dont le vice alimente

Des vives pulsions, l’intactile systole…

Se faut-il, malgré soi_ qu’au pal de la tourmente,

S’aliènent les déesses couchées sous l’acrostole ?

 

Marchons dans les fourrés, quand la rosée

Caresse des buissons, la verte houppelande !

Sur ta lèvre humide, mes premiers baisers

Auront le goût laiteux des suaves amandes.

 

Je verrai en tes yeux mi-clos, le monde chavirer

De l’orbite du temps… il y fera soleil… en ce feu

Délacé de ses rouges braises, m’y viendrai mirer,

Fuyant la retenue implosée en nos habiles vœux.

 

Quand nous ferons danser les pans des fontaines,

Grimacer les kobolds griffés du froid hallier,

Quand la tonitruance de tempêtes lointaines,

S’enrouera sur la lande froissée, derrière l’espalier,

 

D’adultérines formes boiront de coupe pleine,

Le péché consommé, le péché consommable…

Nous, loin de ces tumultes, sur la plaine,

Danserons des menuets… l’utile, à l’agréable,

 

Se lieront de concert, pour de nos fantaisies,

Dénouer le filin de musarderie… heureux,

Au cœur de nos cœurs, feignant l’amnésie,

Voyagerons au clair du renouveau poudreux…

 

Nos bouches agrémentées de doux conciliabules,

Naîtront en la moiteur de liquoreux frissons…

Nos veines verront couler, en plumets de barbule,

Le sang d’énamourés… à même l’alysson.

 

Promenons-nous dans les bois ! 

Le loup s’est endormi ;

Il n’y a plus que nous, ma sultane… ma mie.

 

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020