SILVIS*
Dans les bois
Promenons-nous
dans les bois ;
Qu’importe
les intentions du loup !
Par ailleurs,
quand il est aux abois,
Il épie
sans vergogne d’un regard jaloux,
Les amants
alanguis au bosquet d’Encelade,
Les noceurs
décatis en l’aube, ces libertins
Dont parle
Choderlos de Laclos... l’escapade
Des nuits,
égaie encor, au jour adamantin,
La veuve
et l’orpheline dont le vice alimente
Des vives
pulsions, l’intactile systole…
Se faut-il,
malgré soi_ qu’au pal de la tourmente,
S’aliènent
les déesses couchées sous l’acrostole ?
Marchons
dans les fourrés, quand la rosée
Caresse
des buissons, la verte houppelande !
Sur ta
lèvre humide, mes premiers baisers
Auront le
goût laiteux des suaves amandes.
Je verrai
en tes yeux mi-clos, le monde chavirer
De l’orbite
du temps… il y fera soleil… en ce feu
Délacé de
ses rouges braises, m’y viendrai mirer,
Fuyant la
retenue implosée en nos habiles vœux.
Quand nous
ferons danser les pans des fontaines,
Grimacer
les kobolds griffés du froid hallier,
Quand la
tonitruance de tempêtes lointaines,
S’enrouera
sur la lande froissée, derrière l’espalier,
D’adultérines
formes boiront de coupe pleine,
Le péché
consommé, le péché consommable…
Nous,
loin de ces tumultes, sur la plaine,
Danserons
des menuets… l’utile, à l’agréable,
Se lieront
de concert, pour de nos fantaisies,
Dénouer
le filin de musarderie… heureux,
Au cœur
de nos cœurs, feignant l’amnésie,
Voyagerons
au clair du renouveau poudreux…
Nos bouches
agrémentées de doux conciliabules,
Naîtront
en la moiteur de liquoreux frissons…
Nos veines
verront couler, en plumets de barbule,
Le sang
d’énamourés… à même l’alysson.
Promenons-nous dans les bois !
Le loup s’est endormi ;
Il n’y
a plus que nous, ma sultane… ma mie.
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020
