FLORA ORIENTALIS EXHILARATING*
Grisante flore
Les fleurs
ont la mémoire des matins de clémence,
Du petit
jour s’ouvrant au jardin de Postdam ;
Elles cachent
leurs épines, leur rougeur intense,
Pour, dès l’aube, éveiller la pâleur des dames.
Les fleurs
ont la fragrance de lointaines contrées ;
S’y
éparpillent leurs sépales, au renouveau,
Quand s’étirent
fragiles, de chaleur pénétrées,
Les douces
harmonies, à l’ombre du cuveau.
Leur luisant
feuillage, leur corolle magnifiée
En la
claire rosée, s’y posent en silence ;
Les bises
les caressent, sans en opacifier
L’ombrageuse
nue qui au matin, s’élance.
Écloses sous la charmille, embaument de l’allée,
Les bosquets
reverdis… elles teintent l’espoir
En ces
regards absents se laissant empaler
Aux fadasses
grimes de larmes en guipoir.
Du soyeux pédoncule, au satin de l’anthère,
Le pistil
s’alimente du stigmate, à l’ovaire,
De sucs
chauds, dont l’abeille se désaltère,
Quand s’enfle
le pollen fixé à son revers…
Elles ont la grâce des nymphes de Corcyre ;
Se
laissent musser des brumes de septembre…
Qui les
voudrait, aux nuits bleues, occire ;
Elles, dont
l’éphémère tapit le baume d’ambre ?
Elles soulèvent
mes pages, flattent la prosodie,
Donnent
à la métrique, d’harmonieuses rimes ;
Jamais !
Oh non, jamais, ma plume n’en contredit
La versification,
la mesure lui allouant l’intime !
Les fleurs
bercent mes mots, en étoilent le style ;
Me rassurent
aux orages du violent dithyrambe
Soufflant
sur les flammèches, et qu’effilent
Les foudres
du sage qui, sans mal, les enjambe.
A mon
heure dernière, quand j’irai arroser
Les bouquets
de l’Eden, heureux, en paix,
Mes élégiaques
stances s’y viendront reposer,
Confiant
au silence_ fallait-il oser ?...
Des promesses
d’en-Haut, il a su se draper.
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020


