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samedi 14 novembre 2020

FLORA ORIENTALIS EXHILARATING*

 

FLORA ORIENTALIS EXHILARATING*

Grisante flore

 

Les fleurs ont la mémoire des matins de clémence,

Du petit jour s’ouvrant au jardin de Postdam ;

Elles cachent leurs épines, leur rougeur intense,

Pour, dès l’aube, éveiller la pâleur des dames.

 

Les fleurs ont la fragrance de lointaines contrées ;

S’y éparpillent leurs sépales, au renouveau,

Quand s’étirent fragiles, de chaleur pénétrées,

Les douces harmonies, à l’ombre du cuveau.

 

Leur luisant feuillage, leur corolle magnifiée

En la claire rosée, s’y posent en silence ;

Les bises les caressent, sans en opacifier

L’ombrageuse nue qui au matin, s’élance.

 

Écloses sous la charmille, embaument de l’allée,

Les bosquets reverdis… elles teintent l’espoir

En ces regards absents se laissant empaler

Aux fadasses grimes de larmes en guipoir.

 


Du soyeux pédoncule, au satin de l’anthère,

Le pistil s’alimente du stigmate, à l’ovaire,

De sucs chauds, dont l’abeille se désaltère,

Quand s’enfle le pollen fixé à son revers…

 

Elles ont la grâce des nymphes de Corcyre ;

Se laissent musser des brumes de septembre…

Qui les voudrait, aux nuits bleues, occire ;

Elles, dont l’éphémère tapit le baume d’ambre ?

 

Elles soulèvent mes pages, flattent la prosodie,

Donnent à la métrique, d’harmonieuses rimes ;

Jamais ! Oh non, jamais, ma plume n’en contredit

La versification, la mesure lui allouant l’intime !

 

Les fleurs bercent mes mots, en étoilent le style ;

Me rassurent aux orages du violent dithyrambe

Soufflant sur les flammèches, et qu’effilent

Les foudres du sage qui, sans mal, les enjambe.

 


 

A mon heure dernière, quand j’irai arroser

Les bouquets de l’Eden, heureux, en paix,

Mes élégiaques stances s’y viendront reposer,

Confiant au silence_ fallait-il oser ?...

Des promesses d’en-Haut, il a su se draper.

 

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020