CONTEMPTIS*
La méprisée
Encloîtrée
en la honte pénétrant sa peine,
Cherche
quelque issue acceptable,
Déliant
du malheur et qui toujours, l’enchaîne,
Les noduleuses
mailles, les austères câbles…
Les commères
ridées, en la pointant du doigt,
Se gaussent
sans remords de sa déconvenue ;
En des
rires affectés, des propos maladroits,
Les
garnements rusés, sans montre de retenue,
L’accablent
de lazzis, de brocards, de huée ;
Ses yeux
en conservaient, en des larmes crispées,
Le malaise
des louves se faisant conspuer,
Quand la
vindicte perce, avant que de riper,
Le sujet
disgracié, la camérière réprouvée
De la
cour, où la noblesse tisonne de mensonges,
L’affreux
clabaudage de suivantes couvées
De maritornes ;
sans vergogne, les plongent
Au cœur
même de la médisance, les emplâtrent
De potins
de cancane, afin de les griser
Du venin
des chiennes qui bavent devant l’âtre,
Des catins
de la trotte, et toujours méprisées.
Percluse
en ces muances de harangue démente,
Elle voyait
s’éteindre du tableau de maître,
Les précieuses
couleurs; ces lavis qu’enfantent
Les tons
de l’insolence, au bonheur à renaître,
Quand de
la froide lie, s’échappent les nuances
De l’eau
forte ; l’aquafortiste en agrémente
encor
Du trouble
de l’ouvrage, sans y faire allégeance,
Le galbe
callipyge dont Rubens lie le corps
Aux cambrures
marbrées de l’altière muse,
Au regard de l’esthète ravi de s’émouvoir
Du porphyre altéré_ ô si peu !_ de la ruse
Du dandy,
ce damoiseau… il s’amuse
En ces cendres, quand les critiques fusent,
A modeler la replète nymphe, à se mouvoir
Sur la femme… celle que voudrait voir,
L’aigrefin
dont la bourse vidée désabuse
Le larron
en quête de subside… âme confuse,
Cœur à l’index… est-ce pour s’en émouvoir ?
*
Elle
confisque à ses larmes de fautive compagne,
L’abondance, acquiescé du juste repentir…
Au seuil
de sa mémoire, battant la campagne,
Irai à
son front nu, poser, sans l’avertir,
Un conciliant
baiser… sans jamais l’abrutir…
N’est d’offrandes
qui au matin, se gagnent,
Solennelle
empreinte… au faîte de cocagne.
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020
