Il y avait deux enfants
Deux enfants
s’endormaient dans la neige,
Deux corps
roidis au souffle des grands froids ;
En guenilles,
cherchaient dans le noroît,
La
lumière inondant l’atmosphère grège.
La guerre
avait brisé cette aura
Réclamée, pour les mieux surprendre,
De gamins
déchirés, regard de cendre ;
Le bruit
du canon fut la seule musique
Pénétrant leurs songes chimériques
Peuplant,
comme pour la distendre,
La moiteur
des berges aréiques.
Roulaient
de leurs yeux, d'un influx limpide,
Des larmes
en cascade, des pleurs décolorés,
Perlés en
longs rideaux sur la joue perforée
D'intenses émotions ondulées en rides.
Pliés sous
la congère, leurs membres gelés
Tétanisaient
de l'enflure, les vaisseaux
Éclatés… dégorgés entre les os,
Où l’énergie
sanguine s’y veut isoler.
La guerre,
cet abcès qui perdure, est un feu
Mal éteint,
dont les braises s’éveillent
Au moindre
courant d’air… s’en émerveille,
Le reître
sans avenir, crispé en l’air suiffeux.
Il y
avait deux enfants encagés de frayeur,
Deux profils
avachis sur la lande enneigée ;
La mort
les recouvrait d’un pan ennuagé
Posé sans
retenue, au cœur de la terreur.
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020


