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mardi 17 novembre 2020

DUOS FILIOS*

 

DUOS FILIOS*

Il y avait deux enfants

 

Deux enfants s’endormaient dans la neige,

Deux corps roidis au souffle des grands froids ;

En guenilles, cherchaient dans le noroît,

La lumière inondant l’atmosphère grège.  

 

La guerre avait brisé cette aura féerique

Réclamée, pour les mieux surprendre,

De gamins déchirés, regard de cendre ;

Le bruit du canon fut la seule musique

Pénétrant leurs songes chimériques

Peuplant, comme pour la distendre,

La moiteur des berges aréiques.

 

Roulaient de leurs yeux, d'un influx limpide,

Des larmes en cascade, des pleurs décolorés,

Perlés en longs rideaux sur la joue perforée

D'intenses émotions ondulées en rides.

 

Pliés sous la congère, leurs membres gelés

Tétanisaient de l'enflure, les vaisseaux

Éclatés… dégorgés entre les os,

Où l’énergie sanguine s’y veut isoler.

 


La guerre, cet abcès qui perdure, est un feu

Mal éteint, dont les braises s’éveillent

Au moindre courant d’air… s’en émerveille,

Le reître sans avenir, crispé en l’air suiffeux.

 

Il y avait deux enfants encagés de frayeur,

Deux profils avachis sur la lande enneigée ;

La mort les recouvrait d’un pan ennuagé

Posé sans retenue, au cœur de la terreur.

 

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020