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mercredi 11 novembre 2020

OCOLORUM MUTATIS

 

OCOLORUM MUTATIS*

Métamorphose floutée

 

Les premiers jours sont: vie… il pleut

Tant de sourires, de chaudes étreintes ;

Les derniers sont vides ; l’on veut

Taire les cris, les pleurs et les plaintes.

 

Personne ne sait vraiment où va l’âme,

Ni ce que voit le cœur, quand l’esprit

Se farde d’émotions qu’enflamment

Les serments hantés de lourds mépris.

 

Aux portes du Shéol, s’entrelacent

D’hétéroclites formes, d’étranges mutations

Profanées de cerbères, gardiens des traces

Laissées sur linceul de la consomption.

 

Les premières heures traduisent de l’éveil,

La soif d’appartenir au monde des géants ;

Le nouveau-né butine, telle la jeune abeille,

Les sucs agrémentés d’essences s’y déliant.

 

L’agonisant voit des agressives heures,

Les ultimes secondes de son devenir ; il écale

De sa vie pécheresse, sans mal, chaque peur

Égrenée de l’existence pleine, et qu’empalent

Les ans dissous du temporel, en escale,

En la gnose gorgée de transitoires leurres.

 

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020