QUID EGO FACIAM ?*
Que ferai-je ?
Où irai-je
demain, quand le taxi t’emportera ?
Les
routes pavées ne seront plus que ruines...
En de
sinueux tunnels où s’affairent les rats,
Me viendrai
abriter des persistantes bruines.
Que ferai-je
des mots éparpillés, ces geôles
Dont les
barreaux enserrent ma liberté ;
Ces trompeuses
missives... vois! elles enjôlent
Tes sulfureuses
lèvres à jamais essartées
De folles plaintes de vestale indignée,
Refusant,
en amante souillée, d’admettre
Sa passion pour les hommes soignés,
Si soignés,
qu’il faille, au pal des traîtres,
Les
hisser, pour en ternir prestance ;
S’y
accotent les mâles récusés de la gent
Pernicieuse dont parlent, et avec élégance,
Les censeurs
grisés d’ordalie de régents.
Pourrai-je
du retenir, accuser dignement,
En ces pleurs à traduire, l’influx buté
De torrents, d'inféconds larmoiements ?
Serai en
ce froid chuintement, sans douter,
Pantomime d’un théâtre sans gloire,
Rigaudon
poudré d’une cour atterrée
De le
voir louvoyer au grand soir,
Sous persiflages de marquis maniérés,
Huées
de serves alouvies, catins fardées
Voulant
faire siennes mes idées noires,
Ma
prétendue grâce de premier de cordée,
De don Juan maladroit, factotum de manoir.
Poserai-je au pulpitum, ma superbe
En déclin ? Riront les nones, les chattes
En résilles
sur l’asphalte, allongées sur l’herbe ;
Serai-je
à même de jouer les acrobates ?
Aux
méandres d’un passé sans saveur,
Ma doublure
bâillera des fantaisies sucrées,
Écœurantes guimauves piégeant la ferveur
De ma
vie d’abruti fatalement ancré
En la
faillite d’ides ignorées du rêveur,
D’époques vécues, et par trop excentrées.
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020
