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jeudi 12 novembre 2020

QUID EGO FACIAM ?*

 

QUID EGO FACIAM ?*

Que ferai-je ?

 

Où irai-je demain, quand le taxi t’emportera ?

Les routes pavées ne seront plus que ruines...

En de sinueux tunnels où s’affairent les rats,

Me viendrai abriter des persistantes bruines.

 

Que ferai-je des mots éparpillés, ces geôles

Dont les barreaux enserrent ma liberté ;

Ces trompeuses missives... vois! elles enjôlent

Tes sulfureuses lèvres à jamais essartées

 

De folles plaintes de vestale indignée,

Refusant, en amante souillée, d’admettre

Sa passion pour les hommes soignés,

Si soignés, qu’il faille, au pal des traîtres,

 

Les hisser, pour en ternir prestance ;

S’y accotent les mâles récusés de la gent

Pernicieuse dont parlent, et avec élégance,

Les censeurs grisés d’ordalie de régents.

 

Pourrai-je du retenir, accuser dignement,

En ces pleurs à traduire, l’influx buté

De torrents, d'inféconds larmoiements ?

Serai en ce froid chuintement, sans douter,

 

Pantomime d’un théâtre sans gloire,

Rigaudon poudré d’une cour atterrée

De le voir louvoyer au grand soir,

Sous persiflages de marquis maniérés,

 

Huées de serves alouvies, catins fardées

Voulant faire siennes mes idées noires,

Ma prétendue grâce de premier de cordée,

De don Juan maladroit, factotum de manoir.

 

Poserai-je au pulpitum, ma superbe

En déclin ? Riront les nones, les chattes

En résilles sur l’asphalte, allongées sur l’herbe ;

Serai-je à même de jouer les acrobates ?

 

Aux méandres d’un passé sans saveur,

Ma doublure bâillera des fantaisies sucrées,

Écœurantes guimauves piégeant la ferveur

De ma vie d’abruti fatalement ancré

En la faillite d’ides ignorées du rêveur,

D’époques vécues, et par trop excentrées.

 

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020