LUNDI DEFUNTA*
Défuntes lunes
De nos
amours défuntes, au présent contrasté,
De nos
folles ivresses, aux larmes dévastées,
Ne reste
qu’illusoires promesses, fantasmes
De galants
crispés sous le pesant marasme
De la
pensée déchue, quand l’esprit édulcore
Du passé,
en la ressouvenance, les accords
Du tempo
joué à quatre mains, la mesure
Rebattue
da capo, quand germent à l’usure,
Les dernières
notes, au vieux clavecin
Du soliste
craignant du concerto, l’abyssin
Silence
de l'auditoire glacé, déçu du labeur
Du maestro
sans âme, ce triste ébarbeur
Élaguant de l’œuvre, nécessaires branches…
De nos
amours passées, aux nœuds de solitude,
Grimacent
des rires profanés d’hébétude ;
Oh, je les
voudrais taire, céans, m’en musser,
Afin d’en
sublimer d’hier, sans vaines resucées,
L’harmonieux polyptyque, ce fascinant retable
Baigné de
lumières, de spires appréciables !
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020
