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lundi 2 novembre 2020

RUN POTEST*

 

RUN POTEST*

Possible déshérence

 

La mort est un tunnel au cœur même de la vie ;

Elle vient s’allonger entre les côtes noires

De la désespérance, puis, lentement, dévie,

Afin d’en mieux dissoudre du laminoir,

La pointe ébréchée du col de l’entonnoir,

Les dernières larmes, les ultimes pleurs

Engourdis sous les râles d’intenses agonies ;

La pâleur du silence qu’entenaillent les peurs,

Ralentit peu à peu, le faîte des gémonies…

 

Il pleut d’autres dimanches, de nouvelles folies,

Qui du sacramentel, peuplent de l’abstinence,

Rétentive cadmie fuitée de froides lies,

Et qui du panthéisme, divisent, en permanence,

Le zélateur buté, l’athée, ivres de contenance,

Sans du tropisme, affecter l’insipide homélie.

 

La mort est une note sur le vieux clavecin

De l’existence tierce… un refrain inconnu

Du naïf, dont la nigauderie, à l’éveil du tocsin,

Pommade à escient, la coulpe ; l’ingénu

Se fait fort, puisque séduit, cœur à nu,

De l'aliéner aux liturgiques pompes, à dessein,

Quand sombre l’affidé... crève le parvenu.

 

A pile ou face, sur la peau du sixain de kursaal,

En mise de piquet de reversi, la mort se dilue,

Pour se mieux fondre aux tripes abyssales  

Du sujet sevré de rédemption, qui, du talus,

Aux ascensionnelles marches, fait escale,

Avant de s’endormir au culte clérical

De pernicieux doyens aux prêches vermoulus.

 

La mort, en facétieux lutin, goguelin rusé,

Drape de décorum l’ascétique doublon

De l’idoine perclus de traditions, sans l’user,

Ni lui aimanter l’âme aux débris de riblon…

 

C’est un monarque froid, un fier podestat

Dont la toge balaie les bribes de confort

Du serf désenclavé, fuyant le tiers-état,

L’anachorète voilé de peccavi, qui, sans effort,

Traverse les méandres du fictionnel… plus fort,

Semble être le sujet défait de desiderata…

La mort a emprunté, sans impedimenta,

La route de vieux songes allumés de bickford.

 

 

 Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020