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samedi 7 novembre 2020

HARENAE VENDITOR*

 

HARENAE VENDITOR*

Marchand de sable

 

Marchand de sable, passez votre chemin !

Je veux encor, la nuit, rêver sous la cheville

De lubies actives auxquelles se vrillent,

Les fantasmes qui me tiennent la main…

 

Marchand de sable, laissez-moi savourer

En ces heures indues, le tumulte des mânes,

Dont le vain repentir, grimé de mots insanes,

S’apparente au recueil piégeant l’énamouré !

 

Regardez de mes yeux étoilés de musiques,

Les précieux arpèges de songeries précoces !

N’épuisez _ je vous prie ! _ de ces riches noces,

Le faste dont s’agrémente le regard chimérique…

 

Marchand de la bohème, fuyez de mes envies,

Quand s’épaissit l’offense, la replète panse

L’hallucinatoire vague !… aussi, quand j’y pense,

N’est rien de plus doux, aux pleurs d’inassouvie,

 

Qu’oniriques étreintes de dryade couchée

Sur la peau de l’imaginatif, cet idéologue

Rasséréné, quant aux rimes d’églogue,

Ces bucoliques pointes perçant l’effarouchée.  

 

Marchand de sable, fera soleil à l’aube

Quand poindra de la nue, les rais bleus

D’un ciel, au vôtre différent… ventrebleu !

Laissez mes insomnies s’enquiller sous la robe

De l’extravagance !… faut-il que s’y dérobent

Mes pas de sublunaires ?... du tertre sableux,

A l’étrange parvis de ce mythe, l’engobe

Cosmétique de l’œil, le fascinant globe,

Pour en dessouder le support anguleux.

 

C’est ainsi, qu’aux grands soirs, s’allument

Mes errances d’insomniaque, songe-creux ;

C’est ici, qu’au pressoir, souffle ocreux,

Sombrent les dépits qui, sans mal, me bitument !

 

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020