HARENAE VENDITOR*
Marchand de sable
Marchand
de sable, passez votre chemin !
Je veux
encor, la nuit, rêver sous la cheville
De lubies
actives auxquelles se vrillent,
Les fantasmes
qui me tiennent la main…
Marchand
de sable, laissez-moi savourer
En ces
heures indues, le tumulte des mânes,
Dont le
vain repentir, grimé de mots insanes,
S’apparente
au recueil piégeant l’énamouré !
Regardez
de mes yeux étoilés de musiques,
Les précieux
arpèges de songeries précoces !
N’épuisez
_ je vous prie ! _ de ces riches noces,
Le faste
dont s’agrémente le regard chimérique…
Marchand
de la bohème, fuyez de mes envies,
Quand s’épaissit
l’offense, la replète panse
L’hallucinatoire
vague !… aussi, quand j’y pense,
N’est
rien de plus doux, aux pleurs d’inassouvie,
Qu’oniriques
étreintes de dryade couchée
Sur la
peau de l’imaginatif, cet idéologue
Rasséréné, quant aux rimes d’églogue,
Ces bucoliques
pointes perçant l’effarouchée.
Marchand
de sable, fera soleil à l’aube
Quand poindra
de la nue, les rais bleus
D’un
ciel, au vôtre différent… ventrebleu !
Laissez
mes insomnies s’enquiller sous la robe
De l’extravagance !…
faut-il que s’y dérobent
Mes pas
de sublunaires ?... du tertre sableux,
A l’étrange
parvis de ce mythe, l’engobe
Cosmétique
de l’œil, le fascinant globe,
Pour en dessouder le support anguleux.
C’est
ainsi, qu’aux grands soirs, s’allument
Mes errances
d’insomniaque, songe-creux ;
C’est
ici, qu’au pressoir, souffle ocreux,
Sombrent
les dépits qui, sans mal, me bitument !
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020
