AMANDI SUPER GLORIAM*
L’insolence d’aimer
D’une
voix sans issue, je t’appelle, t’adjure…
Puis, m’épuise
à attendre au silence amorti
D’inutiles
perspectives, de fielleux parjures,
Que captive,
tu agrées sans mal, dessertie
De ton
nimbe, ma juste repentance…
Cette résipiscence
dont s’honore l’humilié,
Et qu’effeuillent
les larmes, en la florescence
Du bouquet
de remords peu à peu déliés
De la
pensée chagrine, en l’audace d’aimer ;
Si j’ai
franchi, en hardi céladon, l’exorde
Des
louanges ânonnées de bretteurs abîmés
De prologues
de catilinaire, loin de la horde
D’auditoire
séduit, je demeure, malgré tout,
Fervent
amoureux, toujours prêt à s'offrir
A la
rétive lèvre, quand l’audace sert d’atout
Au cœur
cadenassé qui se plait à souffrir,
Quémandant
indulgence, refusant pourtant,
De celui
qui l’alloue, libéralité, sans surseoir
Aux promesses
diluées… hors du temps _
Inaccessibles
routes, et qui de l’accessoire,
Empruntent le talus où s’essouffle le rêve
Au
remblai de l’imaginative, contraint,
Au moindre
des sursauts, et sans trêves,
De
dévier du tertre… au prochain train
Pour ailleurs…
on le verra, l’œil humide,
Accuser
de la pleine défaite, le pénible revers ;
Restera désormais, en cet immense vide,
L’insolence
d’aimer, l’affront à contrevair
De sa
molle doublure, l’orgueil sis en avers
De sa
déconvenue, et que les larmes rident.
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020
