ALIAS CYCLES*
Autres cycles
L’hiver
pose son étole au cou des rivières,
Enroule
son écharpe au col des océans
Vidés aux
moites berges se mêlant,
Au
matin, aux grises poussières.
L’hiver
s’est éloigné des plaines endormies,
Heureux
de revenir au faîte des collines ;
Il traverse
les lacs, l’étendue marine
Où sombrent
les crachins, les frimas blêmis.
Aux volets
écaillés de la vieille maison,
Les plissures
disjointes, les vertes moisissures,
Marouflent
des lourdes plinthes, l’encoignure
Dont l’hiver
a gelé la frêle poutraison.
Il fait
froid… c’est certain !... les neiges floconnent
Sur les
vertes marcottes, les feuilles dénervées,
Au bois du beau cerf élaphe… champlevé
A l’émaillerie
de chasse à courre ; y sonne
L’hallali,
pour des nobles curées, portionner
L’animal,
dont font fête les chiens affamés,
Après folle
battue, assourdis de bramées ;
Le preste
lévrier, sans s’y contorsionner,
Emprunte
les mêmes claies, les grilles
Étranglant de l’hiver, les congères butées…
Aux primes
frissons, en des nuits redoutées,
Les glaces enserrent les brindilles,
Étouffent le hallier, asphyxient la broussaille,
Jugulent
du gibier, la splendide fourrure…
L’hiver
fait empreinte aux âpres foulures,
Dégradées des ventées qui l’assaillent ;
En cette agonie, s’étiolent les humeurs,
Se meurent
les tempêtes ; l’hiver rentoile
Du pampre
fatigué, le hideux voile ;
Alors,
repu d’imperceptibles clameurs,
S’affaisse
sur l’asphalte, se pose en primeur,
Aux résilles
de filles que les brises entoilent.
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020
