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jeudi 19 novembre 2020

ALIAS CYCLES*

 

ALIAS CYCLES*

Autres cycles

 

L’hiver pose son étole au cou des rivières,

Enroule son écharpe au col des océans

Vidés aux moites berges se mêlant,

Au matin, aux grises poussières.

 

L’hiver s’est éloigné des plaines endormies,

Heureux de revenir au faîte des collines ;

Il traverse les lacs, l’étendue marine

Où sombrent les crachins, les frimas blêmis.

 

Aux volets écaillés de la vieille maison,

Les plissures disjointes, les vertes moisissures,

Marouflent des lourdes plinthes, l’encoignure

Dont l’hiver a gelé la frêle poutraison.

 

Il fait froid… c’est certain !... les neiges floconnent

Sur les vertes marcottes, les feuilles dénervées,

Au bois du beau cerf élaphe… champlevé

A l’émaillerie de chasse à courre ; y sonne

 

L’hallali, pour des nobles curées, portionner

L’animal, dont font fête les chiens affamés,

Après folle battue, assourdis de bramées ;

Le preste lévrier, sans s’y contorsionner,

 

Emprunte les mêmes claies, les grilles

Étranglant de l’hiver, les congères butées…

Aux primes frissons, en des nuits redoutées,

Les glaces enserrent les brindilles,

 

Étouffent le hallier, asphyxient la broussaille,

Jugulent du gibier, la splendide fourrure…

L’hiver fait empreinte aux âpres foulures,

Dégradées des ventées qui l’assaillent ;

 

En cette agonie, s’étiolent les humeurs,

Se meurent les tempêtes ; l’hiver rentoile

Du pampre fatigué, le hideux voile ;

Alors, repu d’imperceptibles clameurs,

S’affaisse sur l’asphalte, se pose en primeur,

Aux résilles de filles que les brises entoilent.

 

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020