AUTUMNUS IN SPECULO*
Au miroir de l’automne
Elle venait
s’asseoir au bord de la rigole,
Ravie de
regarder passer au ciel d’automne,
Les cols
verts en partance, qu’abandonnent
L’oie, la
bernache… ces dernières décollent,
Pour d’autres
errances, suspendues en l’envol
De ce
gris… que les nuées crayonnent.
Elle, s’imaginait
un monde plein de clarté,
Une sphère
poudrée d’étincelants reflets
Au miroir
de l’azur, où s’en viennent souffler
Les vents
froids de novembre, la désertée.
La buée
aux carreaux de sa chambre d’infante,
L’attristait…
aimerait revenir s’alanguir
Au bord
de la rigole, s’en aller seule, fuir
De ce
vieux manoir, aux tentures adiantes,
Les imposants
couloirs où se perdent au soir,
Les pas
désaccordés de prestes factotums,
L’insolente
mollesse des serves économes,
Rétives
à l’idée de simplement surseoir
A l’appel
du lord, son géniteur… amphitryon
Qui, de
la noble cause, achève sans discourir,
Le juste
corollaire, pour du vide, parcourir
L’inutile
vacance… fusse sans prétentions…
Elle n’avait,
en ces lieux où le temps amplifie
De la
monotonie, l’uniformité, nulle approche ;
Méditative…
sans bornes, ni accroches,
Se laissait
modeler… que croyez-vous qu’elle fît,
Quand les
ans, à sa porte, virent tambouriner ?
Son cylindre
de femme, ses yeux-bohémiens,
N’accordèrent
que peu d’intérêt au cœur adamien
Escortant
sa jeunesse aux besoins affinés.
Alors,
évasive, comme aux matins floutés
De trompeuses
complaintes, elle longeait
De la
froide rigole, les berges trop rongées
Pour du
décor de l’aube, se laisser permuter.
Riche de
souvenirs à peine mués, sa pensée
Empaquetait
aux délices de l’être, les tons
De l’aquarelle
sublimée du généreux bouton
Éclos en
la réserve de ses pleurs nuancés.
Femme-enfant,
n’accordait permanence aucune
Aux viles
présomptions de la gent cafardeuse ;
Le spleen
la dévêtant de cette nébuleuse,
Aurait raisonné de l’affect, une à une,
L’entêtante
mnésie, la ressouvenance accorée
Aux
chroniques fardées de gages dilatoires
Commués
du moindre mal, sans de l’ostentatoire,
Amoindrir
le panache l’y voulant emmurer.
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020
