Amoureusement
Avant de
se connaître, avant que de s’aimer,
Avant de
se toucher, de s’apprivoiser,
Ils rêvaient
de voir, un jour, s’entrecroiser
Les liens
intuitifs dont le cœur veut s’armer.
Avant des
sources claires, s’abreuver aux aurores,
Se rafraîchir
aux flots de la mansuétude,
De l’onde,
défroisser les vagues d’incertitude,
Ils désiraient,
sans désenchantement, enclore
De la
munificence, et pour la retenir, l’amplitude
Diffluée
au creuset de possibles accords.
Ils voyaient
s’esbaudir en leurs yeux charmés,
Entre les
longues tresses de la belle nature,
Tel un
tableau de Tancrède Bastet, la peinture
De Tiennick
Kérével, l’audace de s’affirmer ;
Naissaient
en leur regard pénétré d’extase,
En la félicité
du temps sans retenue aucune,
Les suaves
couleurs se muchant d’infortune,
Les lascives
ébauches effilées de diaclase.
L’amour
ensoleillait de leur prime appétence,
L’opiniâtre
désir de régner hors du temps :
Voluptueuses
spéculations de caprices mutants
Dont la
sensualité enferre la rénitence.
Amoureusement…
au bonheur de l’être,
Ils allaient
pénétrer de l’autre dimension,
La chatoyante
moire qui, de l’éclosion,
Obère le
rétentif, et du pouvoir de naître,
Sans en
farder l’inexacte mesure, le paraître
Dont s’honore
l’amant asservi aux passions,
Et qui, du mal d’aimer, savoure en triste reître,
La froide
cruauté qui le toujours pénètre,
Quand l’amoureux
fait taire l’appréhension.
Il faut
de la vaillance, actionner l’éveil !
Ne se
peut concevoir, aux renaissantes veilles,
Les tortueuses
sentes, où à l’aube, sommeille
Le bâti
dont l’esprit_ bien à tort _ s’émerveille.
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020
