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mercredi 4 novembre 2020

PUER AUTEM CONFRINGETUR*

 

PUER AUTEM CONFRINGETUR*

L’enfant brisé

 

Je conduis par la main, un enfant brisé,

Un garçon blessé de trop d’indifférence,

Un gamin sans amis, voûté sous l’apparence

D’adultes en devenirs... dont il est la risée ;

Cet enfant, c’est ma peau, ma chair tourmentée,

Mon regard et mes rires à jamais effacés ;

C’est mes larmes, mes rêves offensés

De n’avoir su naître aux premières ventées.

 

Je promène une ombre sans opacité, un profil

Détaché de la mienne substance, une ligne

Tracée au fusain, dont l’esquisse cligne,

Donnant ton aux jours qui en l’aube, défilent.

Je berce une œuvre morte, un cliché délavé,

Une ébauche sans style, sans variantes, pochée

D’un amateur au trépied bancal accroché

Au mur d’un atelier dressé sur le pavé.

 


Vrai, je m’insupporte, moi, qui aurais voulu,

Entouré des miens, vivre d’amour, de paix !

Je ne suis plus à même de dégainer l’épée,

A défendre l’honneur, en cet irrésolu

Pointé en la vindicte, et qui de l’absolu,

Accuse, pour s’amender, quand le cœur se repaît,

Réception, sans douter des besoins goulus.

 

Je flâne en des chemins déviés de la sente

Où se meurent les joies, l’innocence ;

Je ne sais où aller, ni ranimer l’enfance

Dont me privent encor, les attaques blessantes.

 

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020