PUER AUTEM CONFRINGETUR*
L’enfant brisé
Je conduis
par la main, un enfant brisé,
Un garçon
blessé de trop d’indifférence,
Un gamin
sans amis, voûté sous l’apparence
D’adultes
en devenirs... dont il est la risée ;
Cet enfant,
c’est ma peau, ma chair tourmentée,
Mon regard
et mes rires à jamais effacés ;
C’est mes larmes, mes rêves offensés
De n’avoir
su naître aux premières ventées.
Je promène
une ombre sans opacité, un profil
Détaché
de la mienne substance, une ligne
Tracée au
fusain, dont l’esquisse cligne,
Donnant
ton aux jours qui en l’aube, défilent.
Je berce
une œuvre morte, un cliché délavé,
Une ébauche
sans style, sans variantes, pochée
D’un
amateur au trépied bancal accroché
Au mur d’un atelier dressé sur le pavé.
Vrai, je m’insupporte, moi, qui aurais voulu,
Entouré
des miens, vivre d’amour, de paix !
Je ne
suis plus à même de dégainer l’épée,
A défendre
l’honneur, en cet irrésolu
Pointé en
la vindicte, et qui de l’absolu,
Accuse,
pour s’amender, quand le cœur se repaît,
Réception,
sans douter des besoins goulus.
Je flâne
en des chemins déviés de la sente
Où se
meurent les joies, l’innocence ;
Je ne
sais où aller, ni ranimer l’enfance
Dont me
privent encor, les attaques blessantes.
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

