IN MONTE RENASCITUR*
La montagne renaît
La montagne
reverdit malgré l’hiver précoce ;
Domine
des plaines rudoyées du mistral,
Les onduleuses
friches, sous l’embosse
De steppes
strangulées de longs râles,
Qui de la tramontane, aspirent
Le souffle
empuanti de vapeurs viciées,
Avant que
de gésir au ventre d'empires
Expirant de prairies, où pousse la jussiée.
La montagne
allume de ses belles flammèches,
Les généreux
plumets, les ardentes houppettes ;
Isole le
bouquetin repu sous le campêche,
Le chevreau
hardi rythmé de galipettes.
La montagne
protège, de l’ubac à l’adret,
La faune
en guingois, l’oie en migration,
Survolant
les alpages, l’oisillon qui voudrait
Voir de près, les roides concrétions.
Elle est mienne ; à son col, je m’attache ;
La frôlent, l’aigle, le phénix en chasse ;
Des pitons, elle s’éloigne, se cache,
Se couvre
de brumes qui l’enchâssent
Puis, s’offre
au rochassier, qu’arrachent
A la
paroi tressée, les tempêtes de glace.
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020
