PROHIBE !*
Retiens-toi !
Non, ne
t’approche pas ! La margelle est fragile ;
Ne te
peut retenir, en ce froid hivernal,
Si les
vents s’évertuent à pousser hors des villes,
Leurs tenaces
soufflées, leurs trombes automnales,
Que salutaire
main… hélas ! Loin de la communale,
Au chahut
des récrés, n’est plus que mutins gilles
Dont les
grimes honorent l’alternance atonale.
Ne te
laisse séduire de ces flatteurs de cour,
Ces béjaunes
coincés épiant des marelles,
Celles qui
les enjambent, qui de l’atemporel,
Renient
l’atermoiement épurant le discours !
Regarde-toi
sourire au miroir de ces flaques
Auréolant
de ton juste parcours, la berme !
Faut-il,
de ces errances, seule, y mettre terme ?
Des pollicitations,
aux fallacieuses traques,
Nulle issue
acceptable, car, de l’adret à l’ubac,
S’écoulent
de ces cimes, en poches de bissac,
De fielleuses
saucées, de coupables dégermes.
Nous sommes
les enfants des enfants d’hier ;
De notre
âme chagrine, à nos rires diffus,
S’étiolent
des râles feutrés de mots confus,
D’ahanantes
effluves… en sommes-nous fiers ?
Nous, pauvres
mécaniques, insolubles mues,
Avions,
sans le vouloir, bu le lait de Corinthe,
Dont l’ânesse
fit offrande, quand des lunes éteintes,
Aspirions
aux décans, les volutes ténues…
Retiens-toi
aux aurores floutées ! La rosée,
En diamantines
perles, étoile d’un bel éclat,
Ton imprécise
face, ma joviale moue… là,
A l’heure
où le matin semble encor déposer
Sur la
joue de la flore conquise, ce baiser
Dont Ronsard
se veut accaparer, au glas
D’amours
défuntes… s’y éloignent les pas,
S’y
désaccordent tous les cœurs oppressés
D’amants
rompus en la matutinale, agressés
De mensonges
butés… qui de vie, à trépas,
Immolent
les servants d’un bien triste passé.
Nos dix
ans prennent l’eau, nos jeux sont inédits…
Désormais,
nos altières envies deviendront
Des besoins,
d’excusables feintes de tendrons
Maquillés
à outrance, du fard de l’interdit…
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020


