pinterest

vendredi 6 novembre 2020

PROHIBE !*

 

PROHIBE !*

Retiens-toi !

 

Non, ne t’approche pas ! La margelle est fragile ;

Ne te peut retenir, en ce froid hivernal,

Si les vents s’évertuent à pousser hors des villes,

Leurs tenaces soufflées, leurs trombes automnales,

Que salutaire main… hélas ! Loin de la communale,

Au chahut des récrés, n’est plus que mutins gilles

Dont les grimes honorent l’alternance atonale.  

 

Ne te laisse séduire de ces flatteurs de cour,

Ces béjaunes coincés épiant des marelles,

Celles qui les enjambent, qui de l’atemporel,

Renient l’atermoiement épurant le discours !

 

Regarde-toi sourire au miroir de ces flaques

Auréolant de ton juste parcours, la berme !

Faut-il, de ces errances, seule, y mettre terme ?

Des pollicitations, aux fallacieuses traques,

Nulle issue acceptable, car, de l’adret à l’ubac,

S’écoulent de ces cimes, en poches de bissac,

De fielleuses saucées, de coupables dégermes.

 


Nous sommes les enfants des enfants d’hier ;

De notre âme chagrine, à nos rires diffus,

S’étiolent des râles feutrés de mots confus,

D’ahanantes effluves… en sommes-nous fiers ?

 

Nous, pauvres mécaniques, insolubles mues,

Avions, sans le vouloir, bu le lait de Corinthe,

Dont l’ânesse fit offrande, quand des lunes éteintes,

Aspirions aux décans, les volutes ténues…

 

Retiens-toi aux aurores floutées ! La rosée,

En diamantines perles, étoile d’un bel éclat,

Ton imprécise face, ma joviale moue… là,

A l’heure où le matin semble encor déposer

Sur la joue de la flore conquise, ce baiser

Dont Ronsard se veut accaparer, au glas

D’amours défuntes… s’y éloignent les pas,

S’y désaccordent tous les cœurs oppressés

D’amants rompus en la matutinale, agressés

De mensonges butés… qui de vie, à trépas,

Immolent les servants d’un bien triste passé.

 


Nos dix ans prennent l’eau, nos jeux sont inédits…

Désormais, nos altières envies deviendront

Des besoins, d’excusables feintes de tendrons

Maquillés à outrance, du fard de l’interdit…

 

 

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020