TURBATI
EXPACTATIONEM*
Attente troublée
Je n’attends rien, qu’un printemps à naître,
Une aurore vêtue de ses plus beaux atours ;
Je n’attends plus rien que la nue, et qu’entoure,
Le halo du soleil inondant la fenêtre.
Sous le saule pleureur, le cerisier en fleurs,
Les chenilles paressent, repues de hallier ;
S’étonnent au renouveau, du preux chevalier
Arpentant l’allée que les ronces effleurent.
A l’ombre du vieux pampre, paissent encor,
Gavées de radicelles, les jeunes surmulots,
Ces grasses rates boivent du jour pâlot,
L’immonde égoutture infestée de mucors.
De l’attente troublée de la faune plaintive,
Aux nuits cendrées de l’avril assagi,
Les ondes équidistantes, en cette agrologie,
Se défont, puis… se meurent captives
Du désordre émané des vallons asséchés,
Des champs calcinés, épilés des bourrasques ;
D’acidifiantes pluies emplissent alors la vasque
Retenue du drageon s’y voulant détacher.
Proche du tohu-bohu, les plaines s’évanouissent,
Pour disparaître, étranglées de polluants,
Asphyxiées de tièdes corrupteurs engluant
La jachère, et qu’écalent les bruines subreptices.
Moi,
Je n’attends plus rien des nouvelles fragrances
Allégeant l’air vicié… au printemps de Malmö ;
Garderai silence, à Stonehenge, ne dirai mot,
Avant du mont Cervin, braver la corpulence !
