INSANI
PARALLEL*
Affolants
parallèles
Quand le désert avance, soulevant du bitume,
La replète trémie, les hommes agonisent
Au seuil des cités que les boucles enfument,
Pour au soir, disparaître, étranglés en la lise.
Quand les femmes accouchent, dépossédés
Du rêve dont s’auréole l’âme, les putains
Les brocardent, sans jamais accéder
Au désordre de la polyandrie, et qu’éteint
La morale de ces mères soumises, dames
Dont la douceur pose baume au cœur sage ;
Allaitant d’un sein pur, sans mixions agames,
La frêle créature que les rides encagent.
Quand les soleils déclinent au nord de Pavie,
Que les lunes ébranlent les marées, la mer
S’en vient vomir sa pulvérulence, ravie
De convulser le corail, le lichen trop amer.
Quand de malhabiles mains, l’adolescent
S’active le membre, sous les draps blancs,
La sève libérée du froid habitacle, consent
A devenir, du flux masturbatoire troublant,
Vainqueur de l’onaniste qui, en se dédoublant,
Evacue la semence confisquée de son sang.
Alors, purgée du réceptif, la créature bafoue
Des Oracles d’En-Haut, Les Divins Préceptes ;
Le péché a maculé sa foi… il longe, tel le fou,
Humilié, larvé, souillé de messes ineptes,
Le parvis du Shéol, en prétentieux adepte…
La zélation cargue sa houppe de gorfou.
