Sèment au malheur à venir
Ils naviguent sur des flots insoumis,
Trébuchent du confort sociétal ;
En guenilles, fuient la capitale,
Désœuvrés, crispés, sous endémie.
Gravissent des monts, le faîte trop humide,
Se lancent sur les eaux, nimbés d’espoirs ;
Mendient au matin, devant les dépotoirs,
Déconfis, enrubannés de rides…
Construisent sur des sables mouvants,
Échafaudent du songe, le cuivrage ;
De ces lies cuprifères, se délie l'aérage
De toquades aux degrés éprouvants.
Du temps, en d'ostensibles flous, ont
Des traverses, emprunté en l'aurore,
Les sentes serties de pourpre et d'or,
D’altérables traces, de fades fusions.
Leurs mots éteints se roidissent
En l’idiolecte, le fantaisiste slang,
Modelés en leur pâleur exsangue
Profanée du disert, de l'haruspice.
Repu du malheur, cette infélicité,
L'ectoplasme trouble l'ambulation,
Sans autre… deuil, profanation ;
Gisent l'âme, l'esprit, frappés de cécité.
Sous le raglan d'altiers podestats,
Les mailles du verveux en dérive,
Mourront à deux lieues de l'étrive,
Au soir où l’épée perce la muleta.
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021
