DEPRAVAT
ANCILIS*
Déprave ancillaire
Espiègle, pour n’être point semblable
Aux gourgandines de luxueux salons,
Aux frêles muses en quête d’un étalon,
Elle faisait commerce appréciable
De ses nombreux atouts de camérière,
Ses modulatoires feintes d’amante
Poussée au geignement, qu’enfantent
Les ribaudes assouvies et fières…
Emplissant son cœur du vertige des louves,
Se voyait courtisane, noyée au baldaquin
De la grande noblesse, effleurant du coquin,
De salaces mimes, qu’impudique, elle couve.
Des breloques fanées, aux dentelles guipées,
Offrait sa nudité, sans rétention aucune,
A l’experte main du galant… la rancune,
Pour elle, n’étant _ c’est un fait_ stéréotypée.
D’aucuns prétendaient, sans le jamais prouver,
Qu’elle avait du sang bleu de l’infante d’hier,
La bourgeoise blessée, la riche héritière
Mue sous de noirs haillons, en triste réprouvée,
Pour du plaisir, accéder au palier… sans doute,
Pour tromper la gent coincée de l’ombre…
Aura-t-elle dupé les comtes les plus sombres !?
*
Est de grises impasses comme de larges routes,
De fatales censives écorchées… s’y encroûtent,
L’âme du pénitent prisonnier des décombres,
L'esprit de mécréants, sans nombre.
A t-elle des ailes, au soir où s’harmonisent
Les spires dévoilées du feu de parhélie,
Les nuances poudrées de miasmes d’aphélie ?
Le bonheur entaillait sa soif de mainmise,
Confiant à son miroir, en suivante vaincue
De contrastes, de moult dissonances,
Sa peur d’être trahie, aux vaines somnolences,
Du butor, comme du cacochyme, ayant vécus,
Et l’espoir, et l’envie, de paraître plus sages,
Quand l’aurore module des matins enneigés,
La claie sanglée de volutes, par trop ennuagées,
Et qu’aspirent les vents, au lointain paysage.
Immodestes, la lèvre baisée, le cou maniéré ;
S’y perdent les intentions louables, ces rus
Coulant à même les lacrymales férues
D’insolences princières, d’outrances ulcérées.
Si je pouvais épier de sa cognition, avec art,
Le double manifeste, pénétrer l’incurve allée
Martelée de fantasques promesses, déballer
De sa gêne, les retors éléments, les bizarres
Polymorphies de ses clichés, au hasard
D’autres cris étouffés en de sournois ballets…
Hélas ! En Paris éloignée des serres
contadines,
Rien de plus laid, que ces grands boulevards,
Ces avenues empruntées de bavards
Au pétun frelaté de joutes, de badines.
Comme cette suivante grisée de confidences,
Aimerais de l’alcôve, goûter aux doux secrets,
Priser des froids conciliabules, le concret…
Comme elle, boire aux fontaines encrées
Aux mires de grand-place… là, consacrer
Ma plume, avec panache, en faisant allégeance
Aux disgracieuses plaintes, en l’air nacré
D’un jour apprécié du poète… en partance.
