Rêve étroit
Tu es le rêve que l’on fait à quinze ans,
L’espace où se délient les vents,
La vague bleue, et qui en se brisant,
Dépose sur la lame, le plancton survivant.
Tu es, en l’aube écarlate, rosée balbutiante,
Dont les ductiles perles agrémentent le jour ;
Ton cœur a fait invite à ma voix hésitante,
Et qui des volets clos, t’épie nue, sous l’ajour.
Tu as de l’ingénuité, gravi la contrescarpe,
Isolant de ma route, le friable talus,
Me faisant à ta table, sous le frêle épicarpe,
Frissonner de désirs, d’attentes dissolues.
Boudant tes épistoles, au mal qui me régit,
Ai refusé de croire que tu serais mienne,
Si l’empreinte de l’âme, que l’amour assagit,
Maculait en l’espoir, mes feintes simiennes.
Suis prisonnier volontaire, captif
De tes voltes d’odalisque plaintive ;
Sans me jamais soumettre aux griffes
De pimbêches blessées_ ô si peu réceptives
A mes froids geignements ; l’expectative
En berne, en pointe de folie, l’incisif
Perçant de la matrice, le nerf procréatif,
Pour du germe mort-né, délier l’abortive.
Tu restes cependant, en mes songes truqués,
La douceur coraline des eaux orphelines,
Et qu’aspirent les fonds, de la côte, au quai
Dressé sur la corniche d’où vaque la féline.
