SPACTACULIS
TERRERENT, *
Gigantesques
visées
Quand on ferme les yeux, l’océan est plus grand,
La mer, plus profonde… il pleut de clairs matins
Sur la côte d’Opale ; la nuit, la soie et le
satin
Veloutent le galbe chaud de la mue transmigrant
De la chair, au confort de la vierge blessée
Du sarcasme des chiennes de boulevard ;
Elles ignorent, ces serves piégées de bavards,
La tendresse, cette usufruitière tressée
En l’affect de la gent respectable, ô combien !
Quand on se meurt à l’aube des jours gris,
Le poète confesse, en parnassien aigri,
Envier celui que l’ivresse cloue au mont pubien.
Ses mots deviennent cendres, au parvis de l’oubli,
Son verbe s’étiole ; il maroufle l’ïambe,
D’un prétentieux laïus ; la resucée ingambe,
Pénètre, à cloche-pied, le récit qu’il publie.
Quand les femmes s’essoufflent avant que de faner,
Que les ombres chevauchent de nouveaux points,
Les bretteurs noctambules, dont elles prennent
soins,
Pourrissent en la vacance de pensées surannées.
Il fait chaud, froid, au balcon des regrets ;
Piégés en l’inconfort de ce temps démuni,
Les filles voient poindre, par trop désunis,
Leur nervalien profil, leur silhouette craie.
Bien étrange visée dont l’esprit s’ambitionne ;
Se peut-il, en la mort à venir, que le sage
En pénètre, fort de prolégomènes, l’adage,
Les rivaroliennes joutes, qu’affectionne,
Et c’est peu de le dire, le pédant satiriste !…
L’ironiste de cours en brocarde l’emphase,
Pour se l’approprier, griffé d’antonomases,
En la prosopopée du caricaturiste…
Quand on ouvre les yeux, le cosmos s’étrécie,
Les jardins s’abandonnent au désert,
Puis, du long Sertao, s’animent, de concert,
Les vents désaccordés… loin de la Séleucie.
