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mardi 2 mars 2021

ANIMUS MEUS* Mon âme

 

ANIMUS MEUS*

Mon âme

 

Mon âme est une gare ; les rails qui l’enserrent

Etranglent mes colères, mes rires dévalués ;

C’est un vieil habitacle où s’allient, de concert,

Mes peines et mes joies, ma harangue huée.

 

C’est un appendice prisant de l’air du temps,

Les sulfureux miasmes de l’inhibition,

Les grises poussières emportées de l’autan,

Et qui du vent nouveau, aspire les pulsions.

 

Mon âme est un naos au ventre d’un empire ;

Les vierges l’entoilent de vaines litanies,

En narguent l’apparence ; vannées de soupirs,

S’y laissent enjuguer, sans en feindre déni.

 

C’est un couloir venteux sur une terre nue,

Une étrange jachère ; s’y viennent écobuer,

Remords et regrets enquillant l’ingénu,

Au matin embrumé d’ouateuses buées.

 

Mon âme, de la pâmoison fait réserve souvent,

Pour ne point, des brettes épointées, au jour,

S’alunir, avant de disparaître, en suivant

Des cancanes, la hideuse gorgerette d’ajour.

 

Quand elle fait silence, bercée du repentir

Dont se nimbe l’espèce en devenir, cœur battant,

J’accède, et sans me plaindre, m’abrutir,

Au Divin Marchepied… en m’y précipitant,

Je m’offre entier à Dieu, défait de l’hésitant

Laïus du stupide autochtone se laissant abêtir.

 

Mon âme est un palais aux colonnes d’airain,

Un manoir dressé sur champ de ruines…

N’y accèdent jamais, en des pleurs ivoirins,

Les serves délavées d’insoupçonnables bruines !

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021