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lundi 29 mars 2021

SI POSSEM* Si je pouvais

 

SI POSSEM*

Si je pouvais

 

Si je pouvais accoupler nos destins,

Enfiévrer de désirs, ta rétive personne,

La froide solitude dont la nuit bedonne

Ta passive langueur posée en muretin.

 

Si je pouvais encager tes silences, lier,

Sans craintes aucunes, tes inhibitions

De sage couventine grisée d’émotions,

En ce jardin où pousse l’angustifolié.

 


Si je pouvais duveter tes murmures,

De l’ouate des clairs matins égrenés

Au parcours de vierges rassérénées,

Prises au rets du sage qu’on emmure,

 

Avant que de l’emprisonner au songe

Peu à peu dévoilé, quand éclose, l’ivresse

Du hourvari, cerne l’alacrité, l’allégresse,

Fusent de plaisirs qui patinent, et rongent.

 

Si je pouvais éteindre tes nuits blanches,

Faire naître des soleils en l’éveil des eaux,

Parfumerais tes jours, en digne damoiseau,

Du nard opiacé étoilant mes dimanches.

 

Hélas ! du mal d’amour, comme de la romance,

S’étranglent les redites de vaines actions

Dont la phonie enserre la réduplication,

Ce cafardeux écho aux brumeuses muances.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021