Si je
pouvais
Si je pouvais accoupler nos destins,
Enfiévrer de désirs, ta rétive personne,
La froide solitude dont la nuit bedonne
Ta passive langueur posée en muretin.
Si je pouvais encager tes silences, lier,
Sans craintes aucunes, tes inhibitions
De sage couventine grisée d’émotions,
En ce jardin où pousse l’angustifolié.
Si je pouvais duveter tes murmures,
De l’ouate des clairs matins égrenés
Au parcours de vierges rassérénées,
Prises au rets du sage qu’on emmure,
Avant que de l’emprisonner au songe
Peu à peu dévoilé, quand éclose, l’ivresse
Du hourvari, cerne l’alacrité, l’allégresse,
Fusent de plaisirs qui patinent, et rongent.
Si je pouvais éteindre tes nuits blanches,
Faire naître des soleils en l’éveil des eaux,
Parfumerais tes jours, en digne damoiseau,
Du nard opiacé étoilant mes dimanches.
Hélas ! du mal d’amour, comme de la romance,
S’étranglent les redites de vaines actions
Dont la phonie enserre la réduplication,
Ce cafardeux écho aux brumeuses muances.

