AESTHETIC
RETOUCHING*
Esthétiques
retouches
Je les ai, chaque jour, entoilées de désirs,
De fines émotions, rires en demi-teinte ;
Je les ai fait gravir, et dénuées de plaintes,
Les impossibles marches du fatal désir…
Je les ai fait danser au clair de mes lunes
Inondant le palier de la monotonie ;
M’ont accordé, sans feindre le déni,
D'y poser la nuit, aux liesses opportunes,
De sulfureux baisers, d’enjôleuses caresses,
Quand l’hiver à nos portes, souffle encor
D’intrusives poudrées gélifiant le corps
De maladroits amants que le remords oppresse.
Je les ai, aux soirs blêmes, étoilées de plumets
Irradiés d’aigrettes, pour parfumer l’absence
Entenaillant leurs rêves essartés, l’indécence
Enjuguée à la peur les voulant consumer,
L’ébranlement soudain… s’en est fallu de peu,
Que j’aie à m’aliéner en ces ires profanes,
Au licencieux, dont l’ordalie condamne,
En revêche tutrice aux préceptes pompeux,
L’insolente franchise dénervée… ou si peu,
Du noduleux cordon d’arbitraires râpeux,
En l’eustatisme dont les pleurs s'enrubannent.
