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jeudi 1 juin 2023

J’ENONCE POUR MIEUX TAIRE

J’ENONCE POUR MIEUX TAIRE

 

Il est de mornes plaintes au désir du vouloir,

De trompeuses envies qui, du déclamatoire,

Deviennent peu à peu, fades bruits de couloir :

Inassociables joutes drapées d’ostentatoire…

 

Il est des rêves peaussés, des songes maquillés,

De douloureuses chappes dont on se veut railler ;

Il est de froids mensonges, à en faire bâiller

Le rivarolien à la verve cossue, et par trop déliée…

 

Il est des tours de piste aux vespérales lies,

De fines cabrioles, des feintes, en l’aurore pâlie ;

Je les veux, salutaires à nos vexants délits,

Nous : piètres lovelaces pétris d’asymbolie….

 

Il est des récréances aux légales mises : oukases

Perforés de tatillonnes clauses… bambanes bases

Au socle du justiciable… l’arsouille, lui, s’en blase,

Dévêtu de morale, de textus… ou d’emphase…

 

Il est des nuits soufflées hors cette nébuleuse

Captivée d’astres fous pris de la pierreuse,

Semés, çà, et là, loin de nues accrocheuses,

Et qu’affolent les ombres de spires cireuses…

 

Il est des mots d’amour en guenilles d’offense ;

Le bélître s’en gausse, pour cacher la constance

Du mal qui l’enserre ; il voudrait de l’intense,

Aspirer, sans s’en démettre, la pleine suffisance…

 

Il est des symphonies dont Mahler su couver

En d’agréables notes : la Tragique, pour sauver

Du pesant requiem, la rythmique éprouvée :

Lieder enchâssé d’énoncés controuvés.

 

Il est d’autres fortunes que ma plume pénètre,

De riches catachrèses (ensoleillées, peut-être),

De dives harmonies, au soir s’en venant naître,

Dont la didascalie, émue, effeuille le paraître ;

Elles étoilent, la nuit, aux censives champêtres,

Mon ciel de lit, mon berceau, son chevêtre,

Quand l’étrange fissure les arceaux de mon être.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2023