Était-ce en des nuits d’encre,
sans lunes,
Que, peu à peu, les reîtres de
naguère,
Lestés d'un barda, partaient en
guerre,
Traversaient les ronces de l’infortune ?
Avaient-ils, des matins sans
fleurs,
Suffoqué le nard, pour au soir, s’enivrer
De subtiles fragrances, peu à
peu, délivré
Des mensonges intrônant la
peur ?
Les filles de musarde,
avaient-elles pris
Des sombres raccourcis, la
traverse ?
Aurions-nous, affolés, sous
l’averse,
Bravé les interdits, contourné le
mépris ?
M’imagine serein, en un enclos lointain,
Sur un banc moussu, craquelé,
écaillé ;
En l’aurore, poserais livres et
cahiers,
Pour de la buissonnière, accéder,
en mutin.
Quand le soleil éveille la
nature, l’espèce
Qui de nos vies, égrène
passions, effile
Ma doublure, qui de la mue
fébrile,
Enclenche du rivet les fatales
détresses.
L’homme d’hier, aux cycles
intactiles,
Rêvait-il d’un monde sans
scissions,
D’un cosmos desserti de prédations
Dont le frêle béjaune aux
besoins futiles,
Décélère rythmique… comme appointé
De tares, de viatique :
piètres émoluments
Au tain de mire trompeur ?
… mollement,
S’accotaient les gerçures, se
fanait la beauté ;
La joie cosmétiquait de chaque
déshérence,
Le support intestat… si nous
étions, en fait,
Métempsychose d’un esprit
défait
De sa superbe, errant de l'existence :
Fantôme, ectoplasme, ersatz,
palliatif,
Répliquant d’un espace en
folie ?
Là, de mémoire butée, sous
hallali,
En sèvrerais les geignements
plaintifs ;
En la soif du connaître, l’intenable
pépie
Qui nous tance, souvent, nous
admoneste,
Acquiesçant du savoir, avant de
la tester,
La fonctionnalité, sans montre
de dépit.
Du généreux babil, aux sanglots
du poète,
Ai, avec indulgence, insufflé à
la rime,
L’inconfort du rhapsode, ce
félibre sublime
Dont l’iambe goulue chagrine
l’épithète.
Si j’avais pu restreindre
permanence,
Aurais sans doute, brisé des
protocoles,
Dispendieux, cérémonial ; rompu
du col,
Les tatillonnes règles de
prédominance ;
Hélas ! Mes songes font
ripaille ailleurs ;
Suis de ces solistes dénervés
de pouvoir :
Celui que s’octroie le silène
bavard
Dont la béatitude déprécie le
meilleur ? …
Armand Mando
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