J’ai froid, dans ces matins étroits, où l’automne
Epulpe la
raison… ma peau fait caprices
De ces étés
devenus : baume pour cicatrices
Posées au cœur
d’une mémoire gloutonne.
Je fuis l'allée pentue de sciences frelatées ;
Ces lieux
où la morale dégrade le scélérat,
Quand l’hiver
dénature l’indigent… il fera,
Aux sombres
lunes, le tour de nos cités,
En quête de
litière, en quête de pitance ;
Son sourire chéloïde, ses larmes-cataractes,
Affadissent ses mots, thésaurisent ses actes
Pour lier du futur l'appréciable constance.
J’exècre des moites caves, l’aparté donnant ton
Aux vains conciliabules : synodes ecclésiaux ;
N’est de
la probité, en ces flous abbatiaux,
Que trappe du réel emmurant l’avorton.
Loin de
harangues moussues de cessionnaires,
Je navigue
par vent debout ; bravant tempêtes
Et maelströms ; les soufflées s’y répètent ;
S’enflent
encor les tornades binaires.
J’efface des jours gris, la froide nébuleuse ;
Je diligente seul mes rus accusateurs
Au-delà du
repos : ce violent abducteur,
Dont l’esprit tacle la rythmique éveilleuse.
Sanglée de
part, en part, mon enfance a su
Sans mal,
émietter des jours sans, l’algarade ;
Je fais de
mes chagrins : précieux alcade
Auquel l’espoir,
en ses donnes cossues,
Ne peut
insuffler d’insipides axiomes… sereine,
Se fait ma
rémanence… j’ai trop longtemps, tu,
Aux immuables
grimaces, ces désordres obtus :
Roides
torsions d’images souveraines
Du poète
aguerri ; elles dupliquent son art,
Hier,
infécond, céans prolifique ô combien !
Que ne
puis-je user de modestie ! grand bien
M’y fasse !
j’ai, du verbe loquace, en bavard,
Assermenté le
rêve de mon intime mue…
Pour confondre, aux possibles chues,
Et la mort,
et la rage de son ange déchu ;
Je confesse
ces ires, en logographe ému…
Démuni de
confesses aux heures ajustables,
Ai rompu le
silence des réminiscences…
Je me dois
d’exister ; les souvenirs me tancent,
M’enclouent au palimpseste de rappels acceptables.
Je suis
vide de tout… et empli à ras-bord ;
Je suis_
sans le prouver _ aux tenailles moqueuses :
Dilution consommée…
aux pochades croqueuses,
S’écaille
au fusain mon instable vibord ;
De l’accoudoir où s’effeuillent mes stances,
Je prends, des dérives, la traverse lointaine,
L'oubli
me couvre d’attaquables fredaines,
Le passé, lui,
de chimériques songes… d’absences.
