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dimanche 25 juin 2023

LA PARESSE DU MÂLE



LA PARESSE DU MÂLE

 

J’avais, de mémoire, remisé mon enfance :

Douloureuses années sans espoir de survie ;

Jamais _ hélas ! _ n'en parlent en l’absence,

Les adultes replets, et qui vous l’ont ravie.

 

Je me voyais longer le caniveau du temps ;

S'en émiettaient les rires, l’innocence ;

Je suivais, aux jours sombres, l’étang

De mes nuits blanches ; la souffrance

 

Donnait à ma faconde de fragiles besoins

Au soir où la soif agresse du plaisir,

Chaque souhait enfermé dans les poings,

Laissant l'homme déçu, altéré de désirs.

 

L'errance mienne dupait du vrai confort

Tenaillé de gênes, d’altérables vacances ;

Chahutaient en mes gènes, puis, en mon for,

D'ancestrales défaites, de nuisibles carences ;

 

Ma peau décolorée, ce subéreux chiffon,

En faisait quémande, niant de l’angoisse

Forcie de l’incivil, l’entrave ; s’y défont _

Dit-on, les sages… la souffrance les poisse.

 

Mes yeux flous sublimaient sous la sève,

Les précognitions: cette prescience

Bradée sans mal, voire, sans trêve,

Souvent huée d'experte sapience.

 

Le spleen traîne en mes tares butées,

S’apitoie du deuil de mon double laptot,

Navigue sur le flanc d’une mer voûtée

D’autres vagues trochées de vibratos.  

 

Je grandirai, sevré de mésaventures,

Peut-être, _ qui sait ! _ cosmétiqué d’aveux

Vidés de quintessence… en ma villégiature,

Tous les rêves seront insufflés du verveux

 

D’un fugitif brisé de plates plaintes ;

Tailladé de l’alfange d'un reître :

Aliéné, inféodé, à la soluble empreinte

Peu à peu, déliée du sang l'ayant vu naître.


 Armand Mando ESPARTERO© copyright 2023