En des
jours engainés de brouillard, j’errais
Sur l’asphalte
où se perdent les hommes ;
J’ignorais
de la vie, la douceur des arômes,
Autant que
le fielleux du cœur désemparé.
Je voyais s’évanouir
mes pas désaccordés,
Mes claudicantes
trottes d’adolescent grisé
De souvenirs
mis en emporte-pièces, usés
De prétentieux
clichés, de gestuelle écardée.
S’évidaient,
de cette sinistrose, chaque espoir,
Chaque perspective
qui, de l’accoutumée,
Aspirent encor
de l’âme, de l’esprit désarmé,
Piètres rogatons
embranchés d’égrappoir.
En des
nuits soufflés de cette nébuleuse,
J’arpentais
le bitume des noceurs satisfaits :
Ces silènes
cloqués du badigeon des fées :
Ces acaules
flétries obliquées en l’ambleuse.
J’eusse
aimé, aux soirs des flamboiements,
M’allonger
au lit clair de riches expectances,
M’étirer de
la couche, et des capacitances,
User de l’énergie
vainquant l’apitoiement.
Mais du
rêve, à la factualité, ne se confluent
Les eaux de
la tautologie… l’image d’Épinal
Est _ somme
toute, que pochade banale
Aux brocards
qui l’encavent, déviés d'influx
De ces œuvres
plombées, au feu d’acerbité,
Dont l’altier
dithyrambe glorifie le croquis ;
N’ai que
faire de ces trompeurs acquis !
L’illusoire,
en ces flous, conchie la probité.
Ai vu se
déflanquer, aux inégales luttes,
Les stables
performances de ma ténacité ;
Au faîte de
l’indissoluble, de la pugnacité,
Ai pu, et
sans biaiser, en distordre volutes.
Désormais,
au plastron de ma belle cuirasse,
S’affichent
des victoires : Semper leatus*
J’affronte des
huées, aux moindres hiatus,
Le cinglant
borborygme, le sabir loquace.
*Toujours heureux
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2023
