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lundi 12 juin 2023

AU BÂT DE MON COURSIER

AU BÂT DE MON COURSIER

 

En des jours engainés de brouillard, j’errais

Sur l’asphalte où se perdent les hommes ;

J’ignorais de la vie, la douceur des arômes,

Autant que le fielleux du cœur désemparé.

 

Je voyais s’évanouir mes pas désaccordés,

Mes claudicantes trottes d’adolescent grisé

De souvenirs mis en emporte-pièces, usés

De prétentieux clichés, de gestuelle écardée.

 

S’évidaient, de cette sinistrose, chaque espoir,

Chaque perspective qui, de l’accoutumée,

Aspirent encor de l’âme, de l’esprit désarmé,

Piètres rogatons embranchés d’égrappoir.

 

En des nuits soufflés de cette nébuleuse,

J’arpentais le bitume des noceurs satisfaits :

Ces silènes cloqués du badigeon des fées :

Ces acaules flétries obliquées en l’ambleuse.

 

J’eusse aimé, aux soirs des flamboiements,

M’allonger au lit clair de riches expectances,

M’étirer de la couche, et des capacitances,

User de l’énergie vainquant l’apitoiement.

 

Mais du rêve, à la factualité, ne se confluent

Les eaux de la tautologie… l’image d’Épinal

Est _ somme toute, que pochade banale

Aux brocards qui l’encavent, déviés d'influx

 

De ces œuvres plombées, au feu d’acerbité,

Dont l’altier dithyrambe glorifie le croquis ;

N’ai que faire de ces trompeurs acquis !

L’illusoire, en ces flous, conchie la probité.

 

Ai vu se déflanquer, aux inégales luttes,

Les stables performances de ma ténacité ;

Au faîte de l’indissoluble, de la pugnacité,

Ai pu, et sans biaiser, en distordre volutes.

 

Désormais, au plastron de ma belle cuirasse,

S’affichent des victoires : Semper leatus*

J’affronte des huées, aux moindres hiatus,

Le cinglant borborygme, le sabir loquace.

*Toujours heureux


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2023