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vendredi 30 juin 2023

OFFUSQUE EN CES DONNES

OFFUSQUE EN CES DONNES

 

De rives, en dérives, en l’écueil de jours pleins,

Les hommes ont, de la vie, expurger le réel,

Pour placer artefact en l’âme du mortel,

Pour river à ses sens, et même s’il s’en plaint,

 

Chimères et fantasmes de seconde zone…

Demeure, aux nuits d’orage, le grondement

De vents désarçonnés, et en l’effondrement

De ce pesant marasme : le spectre d’amazones

 

Chevauchant de nos vices, l’immuable puanteur ;

Des jours pleins de promesses, aux nuits vides

D’espoir, s’amenuisent du ferment de nos rides,

De hideuses crevasses émoussées de moiteur.

 

Nous voilà : allongés sur l’épaisse barlongue

Dont le temps fait, aux ripailles brodées,

Bombance, sans autre ! … le mal nous a bridés,

Pour nous mieux retenir en sa trémie oblongue.

 

Esclaves sur un bateau chahuté de grands flots,

Nous forçons de l’enclave, l’infrangible verrou ;

Il n'est, en nos mémoires rivetés d’écrous,

Nulle mise aspirée, niaisant le Gourdiflot.

 

Les hommes sont des lâches, de stupides chiffes,

De tristes débandés, dont l’orgueil talonne

L’innommable couardise, la pensée félonne,

Abreuvées de cancanes, d’aciculaires griffes.

 

Dire qu’au lore de leur bec, j’aspirais pitance ;

L’idéal en défroissait de ma mue, au soir,

La glaireuse coulure… aurais voulu m’asseoir

Au bord de leur duvet, en ces heures intenses.

 

Hélas !

 

Du temps qui file, aux pointes effilochées

De mon devenir, n’ai vu naître l’amour,

Le vrai, l’unique : celui dont parle toujours

L'inspiré… aimerais, un matin, l’approcher.

 

Pourquoi, ai-je suivi, en damoiseau craintif,

Aux ténébreuses sorgues, celui dont le quinquet

N’éclaire que chichement ? serais-je le laquais,

Le factotum blessé de gestes adaptatifs (!?)

 

Engorgé de lazzi, de grasses moqueries, ai fait,

Des jours de fête, mortifères laudes… déçu

De l’animal hibernant sous ma peau… pansue,

Mon amertume accorée au silence, contrefait

 

De mes joies (si tant est qu’il m’en reste) :

Chétive attraction, piteuse séduction ; sans doute

Pour alléger de mes roides blessures, les joutes

Persiflées du double guilleret, voire, agreste.

 

D’être aujourd’hui : un homme au clair de songes

Inappropriés, m’a appris à combattre, seul,

Les démons pénétrés d’arguties, sous l’éteule

D’un toit… c’est loin d’ici que la crainte me ronge.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2023