De rives,
en dérives, en l’écueil de jours pleins,
Les hommes
ont, de la vie, expurger le réel,
Pour placer
artefact en l’âme du mortel,
Pour river
à ses sens, et même s’il s’en plaint,
Chimères et
fantasmes de seconde zone…
Demeure,
aux nuits d’orage, le grondement
De vents
désarçonnés, et en l’effondrement
De ce
pesant marasme : le spectre d’amazones
Chevauchant
de nos vices, l’immuable puanteur ;
Des jours
pleins de promesses, aux nuits vides
D’espoir, s’amenuisent
du ferment de nos rides,
De hideuses
crevasses émoussées de moiteur.
Nous voilà :
allongés sur l’épaisse barlongue
Dont le
temps fait, aux ripailles brodées,
Bombance,
sans autre ! … le mal nous a bridés,
Pour nous
mieux retenir en sa trémie oblongue.
Esclaves sur
un bateau chahuté de grands flots,
Nous forçons
de l’enclave, l’infrangible verrou ;
Il n'est, en
nos mémoires rivetés d’écrous,
Nulle mise
aspirée, niaisant le Gourdiflot.
Les hommes
sont des lâches, de stupides chiffes,
De tristes
débandés, dont l’orgueil talonne
L’innommable
couardise, la pensée félonne,
Abreuvées de
cancanes, d’aciculaires griffes.
Dire qu’au
lore de leur bec, j’aspirais pitance ;
L’idéal en défroissait de ma mue, au soir,
La glaireuse
coulure… aurais voulu m’asseoir
Au bord de
leur duvet, en ces heures intenses.
Hélas !
Du temps
qui file, aux pointes effilochées
De mon
devenir, n’ai vu naître l’amour,
Le vrai, l’unique :
celui dont parle toujours
L'inspiré… aimerais, un matin, l’approcher.
Pourquoi,
ai-je suivi, en damoiseau craintif,
Aux ténébreuses
sorgues, celui dont le quinquet
N’éclaire
que chichement ? serais-je le laquais,
Le factotum
blessé de gestes adaptatifs (!?)
Engorgé de
lazzi, de grasses moqueries, ai fait,
Des jours
de fête, mortifères laudes… déçu
De l’animal
hibernant sous ma peau… pansue,
Mon
amertume accorée au silence, contrefait
De mes joies
(si tant est qu’il m’en reste) :
Chétive
attraction, piteuse séduction ; sans doute
Pour alléger
de mes roides blessures, les joutes
Persiflées du
double guilleret, voire, agreste.
D’être
aujourd’hui : un homme au clair de songes
Inappropriés,
m’a appris à combattre, seul,
Les démons
pénétrés d’arguties, sous l’éteule
D’un toit…
c’est loin d’ici que la crainte me ronge.
Armand
Mando ESPARTERO© copyright 2023
