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mardi 27 juin 2023

IMPALPABLE MASSE (Confiscatoires atteintes)

IMPALPABLE  MASSE

(Confiscatoires atteintes)

 

Nuit de souffre, de sel : tropicales sorgues

Brisées comme la vague au pied du rocher ;

O nuit pâle, oscillant en souple trébuchet

Sur l’éphémère rade devenue triste morgue.

 

Les hommes ont pollué tes frêles interstices,

Accroché à ton voile de nocives buées :

Pétun de tavernes, résidus émottés, écobués,

En l’espace noueux ; les vents les investissent.

 

Nuit astrale déviée des boréales, nuit poncée

Du silex d’astéries vagabondes, aux doux flots

De salines transmues, aspirées du soufflot

D’Eole, ce nomade au litham défroncé.

 

Je vois du pont d’Arcole, lorsque Paris s’éveille,

Quand montent les vapeurs de ses estaminets,

De brèves étincelles : brandons acuminés

Déposés sur la Seine sclérosée de sommeil.

 

Aux artères bondées de la capitale, s’attardent

Des noceurs dont tu te fais conjointe ; ils longent

De la rive gauche, emmitouflés de songes,

Saint-Germain, Cluny : ces impudiques bardes.

 

Nuit aux cuprifères flammes, toi qui traînes parfois,

Aux ventées incertaines, entre les lourds cirrus,

Et les orbes exsangues, dénerve du chorus,

Les augurales notes dépréciées du froid !

 

De téméraire plume, aux farouches lueurs,

Je me fais herméneute, pour te mieux prévenir

Des complots ourdis, quant à cet avenir

Qu’effilochent les ruses de fantasques pollueurs.

 

 Armand Mando ESPARTERO© copyright 2023