Partir… pour ne plus revenir ; s’en aller
Vers ailleurs…
sans lune, ni soleil…
Se laisser
peu à peu, oublier, quand s’éveillent
Les astres
au ciel azuré ; se laisser empaler
Comme le
condamné : sans douceur, ni clémence ;
Avec pour
seul linceul, les brumes hivernales,
Au froid
des nuits cendrées, ignorées des vernales,
Au grelot
de bélières, aux dernières semences.
Doucement s’éteindre,
comme la flamme nue
Caressée de
la brise ; la mèche consumée,
Et qu’emplâtre
la cire… et, de la cheminée,
Ouïr crépiter
quelques braises chenues.
Se glisser
hors du temps, sans trêve, ni sursis ;
Avancer, l’âme
en peine, le cœur dépenaillé ;
Oublier les
faces aux sourires émaillés,
Les douces
confidences de tendrons indécis.
Prendre, en
l’incertain, une nouvelle monture ;
Emu,
écouter battre les grelots de la mort ;
Essayer, mais
en vain, de desserrer le mors,
Converger vers
demain, défait de son armure.
Résonne,
enfin, le glas ! … saluer tendrement
Ceux qui
vous ont aimé… aux commissures bleues,
S’évanouissent
les mots prononcés des yeux…
Puis, vers
son Créateur, s’avancer lentement.
Armand
Mando ESPARTERO© copyright 2023
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