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vendredi 2 juin 2023

CARNASSIERES DERIVES

CARNASSIERES DERIVES

 

Ton souffle vient frayer, aux limites permises,

Un couloir où les sens amortissent le rêve…

Il dessine, aux nocturnes entractes, la trêve

Dédaignée de l’amant qui, malgré lui, s’enlise.

 

Ta peau, en ce cylindre, démunie de frayeurs,

Acclimate la chair étoffée de plaisirs…

Ceint de mille murmures te voulant assagir,

Ton sourire fait montre, aux trompeuses lueurs,

 

D’un digne acquiescement : draconienne invite,

En l’humide chuintement de la molle balèvre  

Engorgée de parfums maléficiés de fièvres,

Et qu’enrouent les risées qui calmement lévitent.

 

Ton nombril effloré de pincements mutins, allège

De ton ventre les replis séducteurs… croissent

Les tourbillons de fautives caresses, et que froisse

L’impétueuse cadence de ce tendre manège.

 

La douceur de ton nid emprisonne mon nerf ;

Il pénètre l’espace où l’hymen vient éclore :

Rutilantes poussées en la brèche à enclore

D’un treillage superbe, d’un généreux linaire.

 

Egouttées sur le cuir de ton anatomie, les buées

Amortissent de tes brefs geignements, l’escale :

Nécessaires pauses fleuries d’hémérocalles,  

En l’imprègne d’un corps modelé de suées.

 

Au trouble de tes reins_ vois !  Je navigue à vue ;

Chahuté de pernicieuses vagues, mon esquif

Boit de la lame claire, aux perforeuses griffes

De tes doigts épointés, et à mon dépourvu,

 

Le liquoreux nectar de ces riches influx…

Je cloue du marbre chaud de ton galbe cuivré,

Les fragiles veinules… et pour m’en enivrer ;

L’offrande est à ce point, palpable… y affluent,

 

A verse, sur ma monture, d’ultimes crachins

S’insurgent à retremper mon bulbeux équipage ;

Ta cambrure de femme au faîte de l’alpage,

Contorsionne ma bute : inflexible trochin.

 

Entrelacés au tertre d’un tel brasier, brûlons

D’ardentes flammes écurées de l’étuve !… le sol,

A nos pieds, s’y semble dérober… en la déclivité

De cris éveillés en trochées, voudrions éviter,

 

Aux nocturnes virées, de défroisser de l’ombre,

La compacte lourdeur… la manœuvre enquille

Des déviantes talles prolongeant la charmille,

Le pénible retour de jouissances sombres.

 

Ne se peut pas mieux ! … l’illusoire berne l’âme,

Au factieux retenir du froid accouplement,

Mais ne pourra_ oh non ! _ impulser aux amants,

La chaste retenue… absoute de faux agames.


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2023