Ton souffle
vient frayer, aux limites permises,
Un couloir
où les sens amortissent le rêve…
Il dessine,
aux nocturnes entractes, la trêve
Dédaignée de
l’amant qui, malgré lui, s’enlise.
Ta peau, en
ce cylindre, démunie de frayeurs,
Acclimate la
chair étoffée de plaisirs…
Ceint de
mille murmures te voulant assagir,
Ton sourire
fait montre, aux trompeuses lueurs,
D’un digne acquiescement :
draconienne invite,
En l’humide
chuintement de la molle balèvre
Engorgée de
parfums maléficiés de fièvres,
Et qu’enrouent
les risées qui calmement lévitent.
Ton nombril
effloré de pincements mutins, allège
De ton
ventre les replis séducteurs… croissent
Les tourbillons
de fautives caresses, et que froisse
L’impétueuse
cadence de ce tendre manège.
La douceur
de ton nid emprisonne mon nerf ;
Il pénètre
l’espace où l’hymen vient éclore :
Rutilantes poussées
en la brèche à enclore
D’un
treillage superbe, d’un généreux linaire.
Egouttées sur
le cuir de ton anatomie, les buées
Amortissent
de tes brefs geignements, l’escale :
Nécessaires
pauses fleuries d’hémérocalles,
En l’imprègne
d’un corps modelé de suées.
Au trouble
de tes reins_ vois ! Je navigue à
vue ;
Chahuté de
pernicieuses vagues, mon esquif
Boit de la
lame claire, aux perforeuses griffes
De tes
doigts épointés, et à mon dépourvu,
Le liquoreux
nectar de ces riches influx…
Je cloue du
marbre chaud de ton galbe cuivré,
Les fragiles
veinules… et pour m’en enivrer ;
L’offrande
est à ce point, palpable… y affluent,
A verse,
sur ma monture, d’ultimes crachins
S’insurgent
à retremper mon bulbeux équipage ;
Ta cambrure
de femme au faîte de l’alpage,
Contorsionne
ma bute : inflexible trochin.
Entrelacés
au tertre d’un tel brasier, brûlons
D’ardentes
flammes écurées de l’étuve !… le sol,
A nos
pieds, s’y semble dérober… en la déclivité
De cris
éveillés en trochées, voudrions éviter,
Aux nocturnes
virées, de défroisser de l’ombre,
La compacte
lourdeur… la manœuvre enquille
Des
déviantes talles prolongeant la charmille,
Le pénible
retour de jouissances sombres.
Ne se peut
pas mieux ! … l’illusoire berne l’âme,
Au factieux
retenir du froid accouplement,
Mais ne
pourra_ oh non ! _ impulser aux amants,
La chaste
retenue… absoute de faux agames.
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2023
