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samedi 24 juin 2023

ENFANT D’UNE SEULE MER

ENFANT D’UNE SEULE MER

 

O vaillantes écumes de l’onde majestueuse ;

Fougueuse mousse de la baille d’azur !

De la jale salée, montent quelques brisures,

Au faîte de sapines souvent tumultueuses.

 

La mer a fait son lit entre les blonds ajoncs,

Le landier ambré où se perdent les flots ;

Naissent de ces guiches, au roulis de l’eau,

Fretin, et menuaille… désoclés du donjon.

 

Aux lointaines verses du profond Miquelon,

S’étirent en arabesques, les compressibles vagues,

La lame soutenue de la vasque saline, et qu’élague

La brise, en d’infimes frissons ignorés du belon.

 

D’aquatiques remous gondolent la marbrure

D’insolents reflets, dont les éclats perforent,

Puis, talonnent l’irisation… le soleil, en renfort,

En taquine la houle, modulant sa cambrure.

 

Il fait bon vivre en ces métamorphoses, au seuil

De ce bassin noyé sous les crachins, en plongée,

Au cœur de la cuvette, la faune en vient ronger

Le friable corail, émue, quand il s’effeuille,

 

D’écouter le long râle de riches madrépores,

De se laisser bercer de fascinants cnidaires ;

La flore en agrémente, aux ides calendaires,

L’aquicole vision… comme éloignée du port.

 

La mer m’a fait complice, aux îles Mascareignes,

Aux tropicales rives, aux atolls des tikis,

De ces froides colères, me grisant du raki

Enivrant le marin que les cyclones ceignent

 

D’un rustre baudrier… égaré, aux cyclones

De lointaines Antilles, me suis laissé charmer ;

L’enfance qu’il m’en souvienne, a su armer

Mon deuil, de possibles victoires, au pylône

 

De rêves trop tôt écartelés ; de songes mutilés,

Et qu’absolvent les nuits de la désespérance ;

Mais l’océan est là : altier, souverain… en transe

Sur l’horizon : sublime quiétude de perles rutilées.

 

Loin des mesquines nasses de vaques banales,

Me suis, seul, retrouvé outre-lieu… mes rires

Jaunissaient, ridés aux rades longitudinales

Enclouées malgré elles, au tertre d’autres vires.

 

Alors

J’ai, du bâbord, chaviré, et sans peine… pour, céans,

Apprivoiser du grondement des eaux, au soir blême,

L’étrange doublier : peau, dont l’antique birème

Ourle bâti, sans poser bornes au cœur de l’océan.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2023