O vaillantes
écumes de l’onde majestueuse ;
Fougueuse mousse
de la baille d’azur !
De la jale
salée, montent quelques brisures,
Au faîte de
sapines souvent tumultueuses.
La mer a
fait son lit entre les blonds ajoncs,
Le landier
ambré où se perdent les flots ;
Naissent de
ces guiches, au roulis de l’eau,
Fretin, et menuaille…
désoclés du donjon.
Aux lointaines
verses du profond Miquelon,
S’étirent
en arabesques, les compressibles vagues,
La lame
soutenue de la vasque saline, et qu’élague
La brise,
en d’infimes frissons ignorés du belon.
D’aquatiques
remous gondolent la marbrure
D’insolents
reflets, dont les éclats perforent,
Puis, talonnent
l’irisation… le soleil, en renfort,
En taquine
la houle, modulant sa cambrure.
Il fait bon
vivre en ces métamorphoses, au seuil
De ce
bassin noyé sous les crachins, en plongée,
Au cœur de
la cuvette, la faune en vient ronger
Le friable
corail, émue, quand il s’effeuille,
D’écouter
le long râle de riches madrépores,
De se
laisser bercer de fascinants cnidaires ;
La flore en
agrémente, aux ides calendaires,
L’aquicole vision…
comme éloignée du port.
La mer m’a
fait complice, aux îles Mascareignes,
Aux tropicales
rives, aux atolls des tikis,
De ces
froides colères, me grisant du raki
Enivrant le
marin que les cyclones ceignent
D’un rustre
baudrier… égaré, aux cyclones
De lointaines
Antilles, me suis laissé charmer ;
L’enfance
qu’il m’en souvienne, a su armer
Mon deuil,
de possibles victoires, au pylône
De rêves
trop tôt écartelés ; de songes mutilés,
Et qu’absolvent
les nuits de la désespérance ;
Mais l’océan
est là : altier, souverain… en transe
Sur l’horizon :
sublime quiétude de perles rutilées.
Loin des mesquines
nasses de vaques banales,
Me suis,
seul, retrouvé outre-lieu… mes rires
Jaunissaient,
ridés aux rades longitudinales
Enclouées malgré
elles, au tertre d’autres vires.
Alors…
J’ai, du bâbord,
chaviré, et sans peine… pour, céans,
Apprivoiser
du grondement des eaux, au soir blême,
L’étrange
doublier : peau, dont l’antique birème
Ourle bâti,
sans poser bornes au cœur de l’océan.
Armand
Mando ESPARTERO© copyright 2023
