VESTIGIA AESTUS*
Chaudes empreintes
Je regarde aux ides azurées, la lune
Arrondie en un ciel superbe, chue de la nue
Aux frêles gouttes ; d’infimes et menues
Perles s'y échappent, une à une…
Les arbres dévêtus de leurs branches,
Sont arrachés d'impulsives bourrasques ;
Le tronc des trifoliés étirés en fiasque,
S'abreuve de bruines d'avalanche
Amplifiées du Phébus conquérant :
Ignifiables spires que drainent
Les chauds lapilli, sur la plaine...
Incandescence au soir bref, se mourant.
Coulent dans mon dos, des suées éclatées,
Roulent monotones à ma nuque figée…
La pépie de ma glotte affligée
Quémande en ces entraves, lavure appétée
Qui du mésaise, réajuste la peine
Aux heures égrenées, tronquées,
En l’espace où se meuvent encor,
Aux grelots, les fêlures du corps
Assujetti aux soupirs bisqués,
Glissés de la dolente voix... gêne
Dont j'aspire chaque ronde
Aux miennes semblables... l'enfance y larmoie,
Puis, boit dessous canopée, l’émoi
De fertiles ondées de sphère rubiconde,
Ici, sans retenue, au ventre gonflé
De tropiques soufflés du barycentre
Du cosmos ridé en son antre,
Au matin teinté de doux reflets.
Je clos des yeux, les volets palpébraux,
Poussant le loquet, sans l'affaisser,
Repu d'onde, sous le pampre blessé
Aux écailles et surgeons vertébraux.
Fait beau en mes voies chimériques !
Conterai fleurette aux amours mutines
Longeant seules, le couloir d'ondines,
Naïades sous de spacieuses criques…
Montent des vents, les vapeurs telluriques
D’étranges jardins enivrés d’essence
De roses effeuillées en l'aisance
De cuprifères nuits ouatées de musiques.
Armand Mando
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